Victoire: 50 ans de mode

A l’occasion des 50 ans de Victoire, la célèbre enseigne multimarque fondée en 1962, Gilles Riboud, dirigeant de la marque Victoire, répond aux questions de Mademoiselle à Paris.
Pour devenir le concept store avant les concept stores, quelle était l’idee, l’inspiration de départ?
A cette époque, vous n’aviez pas cette “inspiration de départ”, il existait encore beaucoup de multimarques. Il y avait une séparation assez simple finalement entre les fabricants, les marques, les créateurs et les distributeurs. L’originalité de Victoire a été d’être proche de ce qu’on appelait les nouveaux créateurs et de la presse dont la fonction première alors était de les promouvoir. Le rôle de Victoire était de faire découvrir ces nouveaux talents, de les montrer au public en relais avec les journaux.
Concept store ou multimarque, comment différentie-t-on les deux notions?
Aujourd’hui d’une manière générale un concept store est un lieu (plutôt grand) où sont mis en situation et en scène de manière originale et novatrice des métiers différents.
A mon sens pourtant, dans son métier, Victoire est un concept store car contrairement à un multimarque qui se contente d’empiler les marques, Victoire a une démarche qui lui est propre et qui a permis de la demarquer. Pour Victoire ce n’est pas la marque qui compte mais une collection et même à l’extrême des pièces d’une collection qui font sens et correspondent à notre idée de la mode, de l’élégance, de la création et finalement de la vie. Victoire ne sélectionne pas une marque parce qu’elle est connue ou génère de la publicité; notre rôle est de montrer chaque saison nos coups de cœur qui évoluent évidemment et qui font que nous sommes aujourd’hui encore bien vivant 50 ans après nos débuts. Aujourd’hui, notre mix est fait de nos propres collections et d’autre collections originales peu vues que l’on trouve presque en exclusivité chez nous; en tous les cas sélectionnées avec un “œil” Victoire très conceptuel. Cette manière de faire est vraie pour la femme comme pour l’homme.
En résumé ce qui fait la différence entre un multimarque et un concept store comme nous c’est que le premier est un distributeur et le deuxième se voudra être un prescripteur, découvreur ou encore assembleur. Même au niveau du vocabulaire on fait donc la différence …..
Avec des concept stores pour tout et n’importe quoi (la cuisine, les jouets, les animaux, les jeux erotiques…), le “concept store” est-il has been? Est-ce qu’il y a encore de la place pour un vrai discours novateur?
Tant que le public ou nos clients et clientes (depuis 50 ans) rechercheront des nouveautés, resteront curieux et feront confiance à ceux qui les leur propose il y aura des concept store ou on viendra nous voir ………. Nos clients d’aujourd’hui, pour moi, sont les mêmes que ce ceux hier. Ils aiment la mode, la consomment intelligemment en nous faisant confiance pour notre choix et la qualité de notre service

On achete quoi dans le concept store: l’objet, la vision globale/l’identité du store ou le denicheur?Internet a changé la donne dans beaucoup de domaines, notamment dans le retail. Quelle est son influence sur votre manière de travailler?
Chez victoire les vendeuses ne sont pas que des plieuses !!!
Pour nous qui n’avons pas accès à la publicité, à tort ou à raison, de par notre taille d’entreprise, internet est une opportunité fantastique. C’est une manière de pouvoir communiquer de nouveau avec la même liberté qu’il y a 50 ans. D’abord parce que l’on peut le faire nous-même à travers notre propre site et ensuite parce qu’il existe une liberté d’expression sur internet qui, à contrario, n’existe plus dans la presse traditionnelle ou le rédactionnel est définitivement conditionnée par la publicité.
Après autant de décennies passées à détecter les tendances de demain, comment avez-vous vu évoluer la mode et les aspirations de vos clients et visiteurs? Est-ce qu’il y a un point commun entre les clients d’hier et d’aujourd’hui et quel est-il?
Nous vendons peu sur internet sauf à ceux qui sont loin et qui continuent à nous suivre mais notre site permet à nos clients avant de se déplacer d’avoir un avant-goût de la saison. Nous pensons que le “toucher” et le “voir” en réel reste important pour tout nouveau produit même si le découvrir sur un site devient un préalable.
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