Archive for the ‘Rencontres’ Category

Tranoï: la mode entre nous

Sunday, August 15th, 2010

Dans le taxi qui m’emmène vers mon rendez-vous avec Michaël Hadida, fondateur du Tranoï, j’ai à peine le temps de feuilleter à nouveau la dernière édition du magazine, la 6ème qui était disponible lors du salon pendant la session hommes avant de me rendre compte que non seulement le chauffeur a l’air sérieusement stone, mais en plus, il ne sait pas où nous allons.

Enfin, la délivrance, devant la grande porte cochère qui ferme l’entrée du 29 bis rue des Francs-Bougeois ; derrière, une cour ombragée et les bureaux du Tranoï. Pour ceux qui ne connaissent pas le salon, Tranoï est le premier show-room alternatif du luxe. Au compteur, plus de 300 créateurs, connus ou en pleine croissance. On reconnaît facilement ceux qui l’ont visité, par le petit goodie qui sert de sésame d’entrée. Petit bracelet, macaron au sésame ou clef antique, les clins d’œil aux marques se sont multipliés au fil des années, devant de véritables petits collectors.

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Ils ont emménagé ici il y a peu dans un espace moderne, qui pourrait être froid, si l’ambiance studieuse n’était pas contrebalancée par la plus énorme pile de vêtements sur la table de réunion. Michaël Hadida est en train de régler les derniers détails d’une sélection, et j’ai l’occasion de regarder ce qu’il y a dans la pile, sur laquelle trône les superbes casques de John Rocha de l’automne-hiver.

I look at garments as a second skin which can become part of the body.

~ Maurizio Amadei

Cette citation piochée dans le magazine pourrait aisément être détournée pour caractériser Michaël Hadida, en disant que les vêtements sont une seconde nature chez lui et deviennent un peu une partie de son âme. Pas un instant de répit, il enchaîne avec notre entretien, montrant ses talents d’imitateur au passage. Autour de nous, son équipe s’affaire, vient le consulter, échange au dessus des écrans.

Entrer dans le monde de Tranoï, c’est non seulement entrer dans le domaine de la mode mais également entrer dans une famille. Famille de sang tout d’abord, car Michaël Hadida est tombé dedans quand il était tout petit: né dans un showroom, c’est dans un autre qu’il a appris à lire. Famille de cœur car il a su rassembler autour de lui des gens qui lui ressemblent et qui partagent sa passion des belles choses. Humour, patience, bon sens et pugnacité sont les qualités indispensables pour travailler dans cette équipe. Rester zen et ne pas être trop susceptible aident également dans les moments où tout s’accélère. En somme, une bonne équipe, qui réfléchit ensemble, pour combattre le “bordel ambiant”.

Tranoï, dont le nom signifie “entre nous” en italien, n’est pas seulement un salon, c’est l’aboutissement d’une démarche de curiosité.

Au début, il fallait arpenter les défilés ” off “, dénicher des perles cachées dans ces océans peu fréquentés, la curiosité devenant une qualité et un moteur pour trouver le mélange parfait de talents. Aujourd’hui, la machine est rodée. Avec l’afflux de créateurs, les lieux grandissent, changent: Bourse, Carrousel du Louvre, Artcurial et maintenant Jardins du Parc Royal. Les propositions aussi, avec Tranoï X, autant une démarche artistique qu’une démarche de vente.

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Même si le turnover de créateurs est de l’ordre de 10% par an, la sélection est toujours fraîche, actuelle. Michaël choisit les créateurs pour faire un bout de chemin ensemble, un démarche de bout en bout, presque comme une relation sentimentale : de la rencontre-découverte, à la rupture, quand les créateurs ne reviennent plus sur le salon.

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Même si la réinvention est permanente, comme pour cette session homme où les iPad ont fait leur apparition comme support parfait pour l’expérience Tranoï X, à chaque édition, la même appréhension. Une petite pointe de stress se fait sentir, la veille, à l’arrivée des exposants : est-ce que l’équipe leur a tout donné ? Est-ce qu’ils vont être en mesure d’écrire un succès ensemble ?

 

Tout est dans la juste proportion entre démarches commerciales et artistiques.

~ Michaël Hadida

La 6ème édition du magazine titre “Crucial summer“, comme une annonce subtile des choses à venir. Trois grands dossiers sont en préparation pour septembre.

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Là où la démarche profondément organique du Tranoï se ressent le mieux est le magazine. Le September Issue de Vogue contient 800 pages de pub ? Celui du Tranoï aucune. Un tel refus des diktats des annonceurs a un prix, environ 350 euro la cotisation des créateurs pour ce magazine entièrement auto-financé. Mais il a également une valeur, lue dans les expérimentations éditoriales, les shootings artistiques qui inspirent pendant une saison entière et dans les grands noms qui viennent collaborer au fil des pages.

Fin septembre, il sortira du cercle fermé des professionnels de la mode pour prendre une place de trimestriel dans les kiosques. Rien ne changera dans la démarche, si ce n’est qu’il sera disponible plus largement.

Justes proportions, toujours, dans le lancement du e-store. Un tel projet par un salon pourrait sembler hors de propos, une concurrence directe à l’activité des acheteurs qui arpentent les allées du salon, mais il n’en est rien.
Côté pile, pour les créateurs, la liberté de vendre des pièces qui n’ont pas été choisies par les acheteurs, directement auprès de leurs clients.
Côté face, pour les clients, la plongée dans l’univers du créateur, mais également retrouver tous les points de vente.
Une centaine de créateurs sont sur les rangs pour le lancement mais leur nombre devrait grossir pour atteindre les 450 d’ici quelques saisons.

Et dernier sujet brûlant de l’été, la préparation de Séoul Fashion Week. C’est au Pays des Matins Calmes que le Tranoï va présenter une sélection pointue comme il sait si bien les faire. 4 marques femme, 3 marques homme et de l’accessoire sont déjà sur la liste et d’autres encore viendront les rejoindre pour faire partie de l’aventure dans le musée d’art moderne, le Kring. Le programme est co-organisé avec les équipes de la Fashion Week et les défilés seront complémentaires. La volonté affichée du Tranoï de mettre en place des collections spéciales, dans la lignée du Tranoï X : des pièces exclusives, introuvables ailleurs seront le résultat du Tranoï Séoul. Au total, une dizaine de créateurs ont d’ors et déjà créé une mini-collection d’exclusivités qui seront ensuite vendues à Paris et dans le monde.

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En attendant de replonger en septembre, Michaël Hadida profitera de vacances en famille à Aix, pour se ressourcer avant de replonger dans les piles de dossiers -et de vêtements – qui l’attendent. Et qui sait, maintenant que la fédération de la couture a abandonné le Carrousel du Louvre, c’est peut-être les défilés des créateurs du Tranoï qui s’y tiendront ?

English version coming soon!

BEAUFORT: Portrait of a TIGER – James McFay

Thursday, August 5th, 2010

Tiger est le premier film du très talentueux James McFay, racontant l’histoire d’amour déchirante entre deux mannequins à Tokyo. Mannequin lui-même, ce jeune réalisateur ne compte pas en rester là et pensait déjà à son prochain film. Il s’est entouré de ses amis pour réaliser et promouvoir ce film qui lui tenait à coeur, dont son héroine, Rachel Blais. Décryptant avec délicatesse les dessous du mannequinat expatrié et dans un univers culturellement complètement différent de leur pays d’origine, McFay s’est penché sur les relations complexes qui font vibrer un milieu perçu comme hautement superficiel.

Mardi 20 juillet, la première du film se déroulait à Sydney, orchestré par 360Fashion, avec une exposition de créateurs locaux ayant sélectionné des pièces de leurs collections représentant Tokyo, et une exposition de photos également.

Tiger Trailer by Beaufort from Beaufort on Vimeo.

1. Qui est-tu: Je suis James McFay et je vis à Sydney en Australie.
2. As-tu un blog: Mon blog est Beaufort.asia. Je l’ai commencé en février dernier pour partager une sélection de mes morceaux et mettre en avant les interviews que j’ai réalisées avec des mannequins pour la promotion de mon film.
3. Vêtement préféré? Mon jeans préférés viennent de French Star, je n’en ai qu’une paire et c’était il y a des années. Les meilleurs jeans de tous les temps. Les gens m’arrêtaient dans la rue et les filles sortaient avec moi pour ce jean.
4. Tu as un truc beauté? Beauty routine? Ha! Well probably listening to good music. Also I always like to get my hair cut by Koreans but that’s just superstition. (C’était une question pour les filles que je lui ai envoyé par accident, mais il a répondu quand même)
5. Mon restaurant favori est Gemelli à Lampedusa / Mon jeune créateur préféré est Samantha Chan (Sydney) / Ma Fashion Week préférée? J’aime celle de Tokyo car j’y ai travaillé l’an dernier et c’est elle qui sert de cadre à mon film :)
6. Quel est ton coin shopping? Bangkok/Hoi An, c’est le mieux pour trouver de bonnes affaires.
7. Madrid est la ville que je préfère pour le shopping. Mais je ne sais pas pourquoi.
8. Vintage ou nouveautés? Est-ce que Galliano, version 1996 compte comme du vintage? C’était une grande année pour lui.
9. Inspirations? Là tout de suite, Nikos Kazantzakis avec ‘Zorba The Greek (Alexis Zorba)’ et ‘Freedom and Death (La liberté ou la mort)’. Anina.net is also inspiring me to publicise my film.
10. Un luxe dont je ne peux pas me passer, c’est de l’huile d’avocat de qualité supérieure. Ca donne meilleur goût à tout ce qu’on prépare. Et Guitar Hero également.
11. Mes prochains voyages? Tokyo puis la Suède, le Danmark, la Norvège, l’Irelande, les US…

TIGER poster

Le film est disponible en DVD sur le site de Beaufort et la pochette est absolument sublime avec une illustration en peinte. Et chance énorme, James y a inscrit une petite phrase pour m’inspirer tous les jours: Everything worthwhile is difficult (tout ce qui vaut la peine est difficile).

A ne pas râter.

Tiger is the first feature film from talented James McFay,  narrating the dramatic love story between two Western models in Tokyo. A model himself, the young filmmaker is set on writing his next feature as soon as he has finished the promotion for this one. Surrounded by his friends, including leading lady Rachel Blais, McFay has decrypted the emotional underbelly of modeling, particularly in “hard” markets where models are not only expats but also completely out of their cultural element and references.

On Tuesday, July 20th, the film’s premiere took place in Sydney, Australia and online as well, via 360Fashion’s Facebook streaming platform, accompanied by an exhibition of pictures and pieces by local designers, set to represent their vision of Tokyo.

English version in progress

1. Who are you? I am James McFay and I live in Sydney, Australia.
2. What’s your site? My blog is Beaufort.asia. I started it in February because I wanted to give away some music tracks to the public and showcase some interviews I was doing with models to promote my film.
3. Favourite piece of clothing? My favourite pair of jeans is French Star. I only ever had one pair and that was years ago. They were the greatest pair of jeans ever. People used to stop me in the street about them. Girls dated me just for the jeans.
4. Do you have a beauty routine? Beauty routine? Ha! Well probably listening to good music. Also I always like to get my hair cut by Koreans but that’s just superstition.
5. Favourite restaurant is Gemelli in Lampedusa / Favourite young designer is Samantha Chan (Sydney) / Favourite Fashion Week? I like Tokyo Fashion Week cause it gave me work last year and helped me finish my film:)
6. Where do you shop? Bangkok/Hoi An best for bargains.
7. Madrid is my favourite city to shop in. I don’t know why.
8. Vintage or new designers? Does Galliano circa 1996 count as vintage? Great year for him.
9. Inspirations? Right now Nikos Kazantzakis is inspiring me with ‘Zorba The Greek’ and ‘Freedom and Death’. Anina.net is also inspiring me to publicise my film.
10. My necessary luxury is really, really top quality avocado oil for cooking. It’s makes everything taste better. Also Guitar Hero.
11. Next travels lined up? Tokyo then Sweden, Denmark, Norway, Ireland, USA…

The film is available on DVD via Beaufort’s website and the jacket has a beautiful watercolour illustration. Very generously, James McFay wrote me a note inside, words to live by: Everything worthwhile is difficult.

Don’t miss out.

Eva Minge – Interview Couture A/H 2010-2011

Monday, July 12th, 2010

La veille de son défilé couture, Eva Minge nous a accordé une interview pour 360Fashion:

Acheter Je Ne Sais Quoi

Friday, June 4th, 2010

Mireille Nagourney - Founder of Shop JNSQLes anglophones l’appellent un je ne sais quoi, cette petite pincée magique qui transforme une pile de vêtements en une tenue pour sortir -et non pas être déguisée. Les Françaises ont la réputation d’être nées avec l’habilité innée de s’habiller avec goût.

Mais pour les moments de doute, il y a une nouvelle boutique en ligne pour vous aider à trouver, Je Ne Sais Quoi. Sa fondatrice Mireille Nagourney est en bonne position pour comprendre ce petit truc. Elevée en France par des parents Américains, elle a beaucoup voyagé et travaillé dans le milieu de la mode, passant dans toutes sortes de marques, de GAP à Chanel.

La boutique en ligne est lancée depuis fin 2008 et les commandes affluent du monde entier. La sélection ecclectique mais tellement Parisienne séduit bien au delà de nos frontières. Sa séléction de vêtements et d’accessoires sont choisis pour remplir ce petit trou dont vous ignorez l’existence, jusqu’au moment où vous mettez la main dessus: une superbe écharpe, un sac élégant mais tellement actuel, sans parler de néo-classiques de luxe comme les bracelets Owen & Savary.

Tout est dans l’intégration avec une garde-robe existante, plutôt que l’imposition d’une garde-robe entièrement neuve. Les looks proposés sont remis à jour plusieurs fois par saison, au fil des livraisons.

Situé dans le 17ème, les bureaux de Je Ne Sais Quoi répondent exactement à ce qu’on attend des bureaux d’une jolie e-boutique parisienne: un loft à l’ameublement moderne, contenu dans un immeuble ancien. Ses murs comportent des illustrations, dont la plus belle est sans aucun doute la collection de croquis Chanel qui lui ont été offerts.

Toujours à l’affût de nouvelles marques, Mireille fait le shopping pour la boutique comme elle le ferait pour elle-même, de showrooms en salons professionels. Quelques idées à partager:

  • Le truc de l’été? Je dirais de L’orange vif, un jaune ou un fuschia. Ces couleurs vives mettent en valeur un bronzage et réchauffent tous les types de peau.
  • Quel est ton uniforme de Parisienne? Un jean sombre, des ballerines Chanel qui sont indémodables, ma marinière Saint-James (LA marinière d’origine et bien moins cher que d’autres) et un perfecto noir. Pour moi, le style “Parisienne”, c’est des classiques avec un petit “je ne sais quoi” en plus.
  • Avec qui échangerais-tu ta penderie? Je dirais Rachel Bilson. J’aime son mélange de vintage, nouveaux créateurs et marques de luxe. Elle donne l’impression d’y arriver sans effort.
  • Style ou mode? Style, sans aucun doute. Notre slogan est “Parce que le style est une constante”. La mode change sans cess et est extrovertie, alors que le style est intemporel et vient de l’intérieur.
  • Le meilleur conseil shopping? Rester ouverte: même si quelque chose ne paraît pas prometteur sur ceintre, l’essayer quand même. Impossible de deviner ce qui ira, à moins d’essayer.

Je suis ravie de vous parler d’une e-boutique que j’adore et pour vous permettre de découvrir, le code MADEMOISELLE vous donne 15% de réduction sur votre première commande!

http://www.shopjenesaisquoi.com
et à retrouver également sur leur blog lancé il y a quelques semaines: http://yourjenesaisquoi.com/

Un bisou spécial à Lindsey, qui travaille avec Mireille et est l’auteur de LostInCheeseland, un blog anglophone sur sa vie d’expat à Paris!

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Anglophones call it a “je ne sais quoi”, that little sprinkling of magical style fairy-dust that transforms a bunch of clothes into an outfit that you wear -as opposed to clothes that swamp you in their aura. French women are supposed to be born with high concentrations of this naturally occuring good taste running through their veins.

But if you’re looking for a little help in that department, Je Ne Sais Quoi is the place for you. Founder Mireille Nagourney is well-placed to know about the French je ne sais quoi. raised in France by American parents, she’s traveled extensively and has worked the gamut of fashion brands, from GAP to Chanel. Her selection of items are aimed to fill that little blank in your wardrobe that you didn’t even know existed: gorgeous scarves, pretty necklaces, must-have yet affordable handbags, not to mention personal obsession bracelets by Owen&Savary…

Located in the sleepy 17th, the JNSQ offices are everything you’d expect from someone like Mireille: an elegant and modern space, in an old French building. Her walls are adorned with illustrations, the most striking of which is a Chanel print which she received as a going-away present.

Mireille shares a few tips on how to get the best out of your closet:

  • Key piece for summer? I would have to say a bright orange, yellow or fuchsia accessory. These vibrant colors will accentuate a summer tan or warm up any complexion.
  • What’s your “Parisienne” outfit? A basic pair of dark jeans, Chanel flats (never go out of style), my “mariniere” from Saint-James (the original and far less expensive sailor shirt) and a black leather perfecto jacket. To me, Parisian style blends classicism with an edgy attitude
  • Whose closet would you like to raid (and why)? I’d have to say Rachel Bilson. I love that she mixes up vintage, new designers and luxury brand pieces. She gives off this effortless feel.
  • Style or fashion? Definitely Style. Our moto here is “Because style is a constant.” Fashion is ever-changing and an outward expression but style is timeless and comes from within.
  • Top shopping tip? Be open to different styles. Don’t close off your mind to a different look just because you don’t like how it appears on a hanger. You never know how something might look and fit until you’ve actually tried it on.

Is this a shameless plug for a shop I adore? Oh yes, totally. But if you find it in your heart to forgive me, you can take advantage of special code MADEMOISELLE to recieve 15% off your order!

http://www.shopjenesaisquoi.com
and now, they’ve launched their own blog: http://yourjenesaisquoi.com/

A special bisou to Lindsey, author of LostInCheeseland, a very thought-provoking blog about love, life and expatriation in Paris!

Arnys – Une tradition d’élégance

Thursday, May 27th, 2010

ARNYS FACADE
Façade Arnys – Photo: Arnys

Arnys, ce nom n’évoque peut-être encore rien pour vous mais pour la rive gauche, c’est un nom synonyme d’élégance et de raffinement vestimentaire au masculin. L’unique boutique parisienne de la maison se dresse rue de Sèvres et en face se trouve la future implantation de la maison Hermès, dédiée à l’homme. Passée des centaines de fois devant les vitrines, je n’avais jamais osé pousser la porte, impressionnée par l’apparente solennité de lieux qu’on sent pleins d’histoires. La boutique ne me semblait pas le genre d’endroit où on pouvait juste jeter un coup d’œil.

Je ne pouvais pas plus me tromper.

Son histoire commence dans les années 30. Jankel Grimbert est déjà un tailleur respecté de la rive droite. L’élégance masculine n’a pas de secrets pour lui et ses deux fils étaient en train de faire leurs études quand la poliomyélite frappe le jeune Léon Grimbert et l’oblige à interrompre sa médecine. Une fois remis, il décide de s’établir avec son frère Albert et ils conseillent à leur père d’acheter une boutique rive gauche. Siège des universités et des grandes écoles, la rive gauche représente l’intellect, une perpétuelle recherche de différence, de nouvelles idées. Autre avantage, Léon a tout loisir de retrouver ses amis de faculté, tous proches. La guerre viendra interrompre momentanément la croissance de la jeune maison, et une fois la paix revenue, les clients affluent à nouveau.

La Tradition Arnys
Tableau, Premier étage – Photo: Mademoiselle à Paris

Arnys devient rapidement un point central pour l’intelligentsia éduquée à Paris, car il n’y a pas que les Français qui poussent la porte de la rue de Sèvres. Dans les années 50, refusé de toute part, un ancien camarade de classe demande si Léon connaît un endroit pour faire une conférence de presse. J’ai mieux, répond-il et leur ouvre le salon du premier étage. Ce sera la toute première conférence de presse du camp nord-vietnamien.

MICHEL ET JEAN GRIMBERT
Michel et Jean Grimbert – Photo: Arnys

En 1966, c’est au tour des fils de Léon, Jean et Michel Grimbert, de reprendre le flambeau au retour d’un séjour en Angleterre. Sous leur houlette, la tradition familiale continue et s’étend avec le même amour des belles choses, sans jamais rechercher la publicité autre que celle de leur clientèle satisfaite. Ils sont toujours à la tête de l’entreprise familiale, et c’est Jean Grimbert lui-même qui signe la décoration des élégantes vitrines de la rue de Sèvres.

Salons Arnys RDC
Salons Arnys RDC – Photo: Mademoiselle à Paris

C’est entre ces murs lambrissés que viennent s’habiller intellectuels, capitaines d’industrie et élus. Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé et Paco Rabanne ont été et sont encore des clients de la maison.
Une clientèle qui se sent chez elle dans la boutique à tel point que les salons d’essayage du premier étage prennent parfois l’air de seconde tribune politique.
Petites tensions ou vives querelles passent entre ces murs, avec l’aide élégante du personnel. Monsieur Untel ne peut pas voir monsieur Machin en peinture? Il sera alors guidé avec tact vers un salon plutôt qu’un autre. Arnys est un espace de liberté pour les libres penseurs de tous bords.

Une fois passé la porte, au rez-de-chaussée, je découvre la Forestière, veste emblématique de la maison, mais également les cravates, les boutons de manchette dont les parties métalliques sont faites en or pour une plus grande tenue dans le temps, les chemises en lin imprimé et bien d’autres éléments du vestiaire masculin.

Boutons de manchette en galuchat Arnys
Boutons de manchette or & galuchat – Photo: Mademoiselle à Paris

C’est au premier étage de la maison que Jean Grimbert me reçoit, pour discuter du vestiaire masculin, de liberté et de bonnes adresses. Bob, fidèle compagnon canin, l’accompagne et s’installe sous un rayon de soleil tandis que nous nous installons autour d’un café, en compagnie de Romain Hulin et Sibylle Grimbert.

Bob, le chien le plus chic
Bob, le chien Rive Gauche – Photo: Mademoiselle à Paris

La force de la maison Arnys tient dans la qualité de ses vêtements, fabriqués dans son atelier. En grande mesure, mesures, essayages et retouches finales rappellent la haute couture féminine. Chaque détail, du tissu aux boutons, est choisi avant la confection. Sur une table, les cols et boutons sont présentés, tandis que sur des portants, les échantillons des chemises attendent qu’on les effleure.

Cols et boutons - Arnys
Cols et boutons – Photo: Mademoiselle à Paris

Tissus Arnys
Choix de chemises – Photo: Mademoiselle à Paris

Rien n’a changé dans la méthode, depuis les origines. Les gestes d’artisan sont toujours les mêmes, répétés avec une infinie patience. Dans les ateliers, la bonne humeur -studieuse- règne et les petites mains de la maison s’affairent, coupant, cousant, repassant. Les rouleaux de tissus nécessaires aux prochaines commandes attendent sagement dans une pièce voisine. Chaque vêtement porte une étiquette, avec le nom de son propriétaire. Même le prêt-à-porter reçoit un traitement digne de la mesure: ourlets, boutons, manches ajustées. Les coutures ne sont pas finies, attendant leur propriétaire pour les ultimes essayages.

Il y a une fausse désinvolture dans les épaules naturelles, sans épaulettes, des vestes de la maison. Le travail de construction du vêtement masculin est précis, pour un tombé impeccable.

Le masculin reste une exactitude

~ Michel Grimbert

Arnys n’est pas englué dans une quelconque tradition, autre que celle des vêtements bien coupés, bien finis. Ils ont été parmi les premiers à faire des costumes en toile de jean, à utiliser le délavé volontaire. Une petite étincelle espiègle éclaire le regard de Jean Grimbert tandis qu’il nous raconte la manière dont les jeunes de son époque délavaient leurs jeans en les frottant au sable sur la plage. Loin des diktats de la mode saisonnière, Arnys laisse sa clientèle influencer ce qui devient sa mode, son vestiaire. Ainsi, le “Français” s’inspire de l’élégance de la terre, avec le velours côtelé, les matières solides comme les aimaient les corps de métiers. Le pantalon taille-haute et le mouvement fluide de la chasuble, du col à l’évasé du bas font également partie de son “ADN” vestimentaire.

A la question “qu’est ce qu’un homme élégant”, Jean Grimbert répond simplement qu’un homme n’est vraiment élégant lorsqu’il s’autorise la liberté d’être lui-même. La “mode” n’est alors qu’un solfège avec lequel composer sa personnalité vestimentaire, selon ses humeurs. “Il n’y a pas de mauvais goût, seulement du non-goût”, et un habillement terne est le signe du non-goût. Aujourd’hui encore, le vêtement reste un signe de démarcation sociale, cependant moins visible qu’autrefois.

Couleur et structure de vêtement sont autant d’indicateurs sur une époque, ce qui se remarque notamment dans les habits militaires :

Une épaule naturelle apparaît dans les époques de liberté tandis que des silhouettes très structurées sont le signe d’un régime plus totalitaire, d’une volonté de contrôler. Il n’est surpris de croiser autant d’étudiants en stylisme que de touristes aux Invalides dans le musée des armées. D’une manière similaire, l’usage de la couleur reflète la position sociale : plus un individu est dominant dans sa hiérarchie, plus son habit se colore. Un homme dans un costume neutre et sombre, avec son look de garde du corps, fait corps avec une masse invisible et laborieuse, dans une volonté de s’intégrer.
La compréhension des désirs inexprimés des clients est profonde et tous ici le montrent dans leur manière de travailler.

Au sein de la maison Arnys, il y a une vraie culture de l’échange et il n’est pas rare de repartir avec une nouvelle information. L’heure avançant, notre conversation s’est tournée vers les nombreuses -et délicieuses- adresses du quartier. Dans la famille Grimbert, on aime les bonnes choses, qu’elles se consomment intellectuellement ou dans une assiette.
Je pourrais passer encore des heures à raconter Arnys mais il n’y a pas de meilleure manière de découvrir cette maison que d’en pousser la porte.

Noeud Papillon Arnys
Noeud papillon en double reps 28 momées – Photo: Mademoiselle à Paris

Arnys est toute entière à l’image de Jean Grimbert, chaleureuse, accueillante.

Après pareille visite, je ne passe plus devant Arnys de la même manière. Chaque client, qu’il vienne pour une cravate ou un costume est accueilli avec la même courtoisie. Au lieu de passer rapidement, je m’attarde devant les vitrines pour regarder les petits changements et quand j’ai le temps, je n’hésite plus à en pousser la porte.

Jean Grimbert en quelques points

Sa veste préférée: La Forestière, créée en 1947 par son père à la demande de Le Corbusier, qui souhaitait un vêtement aux manches tombant juste même lorsqu’il travaillait au tableau. Sa manche inspirée des kimonos permet une grande liberté de mouvement.

FORESTIERE
Veste Forestière – Photo: Arnys

Des marques qu’il aime: Hermès, dont il est ravi qu’ils s’installent en face en fin d’année. Chanel, pour les femmes. Yves Saint-Laurent, également.

Un pays qu’il affectionne: Le Japon. Pays d’origine de son épouse, le Japon est un pays aux multiples facettes. Le passé, le présent et l’avenir sont intimement liés dans le quotidien. Il n’y a qu’à se promener dans Osaka pour faire le plein visuellement.
Les Japonais ont une passion pour l’étude et la maison reçoit occasionnellement des demandes très précises de passionnés qui demandent de menus détails qu’il faut ensuite rechercher dans les archives de la maison.

Une surprise: Le nombre de femmes parmi les clients d’Arnys. Pour ces dames, une boutique séparée pourrait voir le jour.

Une nouveauté: Un imperméable aussi léger qu’une plume.

Pour découvrir Arnys: la cravate d’atelier – Comme son ancêtre des années 30, cette cravate à l’aspect mat, légèrement froissée est fabriquée dans un double reps exclusif à Arnys. Sans aucune doublure, elle est pliée 7 fois avant d’être cousue d’un fil. Pour chaque combinaison de couleur, seuls 40 pièces sont produites, pour garder un esprit d’exclusivité.

Pour affuter votre goût, voici quelques adresses savoureuses que Jean Grimbert a partagées avec nous:
L’Atelier de Joel Robuchon – 5 rue du Montalembert, Paris 7 – Une bonne manière de goûter à l’une des meilleures cuisines français de nos jours. Jean Grimbert aime y aller pour un plat le midi, pour savourer sans se gaver.
Bistrot L’Ami Jean – 27 rue Malar, Paris 7 – De la cuisine du terroir, bien executée et qui tombe juste.
Yen – 22 rue St-Benoit, Paris 6 – Pour leurs soba et la cuisine traditionnelle japonaise
Isami – quai d’Orléans, Ile-Saint-Louis, Paris 4 – Ce restaurant fait partie des meilleurs Japonais de Paris (je ne le qualifie pas de ” meilleur de Paris ” car les amateurs ont chacun leur favori absolu). Une toute petite salle sur les quais de l’Île-Saint-Louis, tenu par un maître sushi qui n’hésitera pas à vous dire ce qu’il pense.

Arnys
14 rue de Sèvres
75007 Paris
tél: +33 (0) 1 45 48 76 99
fax: +33 (0) 1 45 48 84 72
http://www.arnys.fr

Un grand merci à la maison Arnys pour son accueil et à Romain Hulin chez People’s Revolution, pour cette invitation à découvrir une très belle maison.

The name Arnys may not ring a bell for you, but on Paris’ Left Bank, it is a name synonymous with elegance and refined menswear. The house’s only Parisian boutique is located on rue de Sèvres, near the Bon Marché and opposite the location of the future Hermès menswear store. I must have walked hundreds of times in front of the storefront, without ever daring to cross the threshold, impressed by the respectability of the establishment. This didn’t seem to be the kind of store that I could just browse in aimlessly.

I couldn’t be more wrong.

Its story starts in the 1930s. Jankel Grimbert is already a well-respected tailor on the right bank. Elegant menswear is no mystery for him and his two sons are studying when polio strikes young Léon Grimbert and prevents him from completing his medical studies. Once his convalescence over, he decides to set up with his brother Albert, and the brothers convince their father to open a shop in the heart of the left bank. House to the best faculties and schools, the left bank has long been renowned for its rich intellectual life and a perpetual quest for new, different ideas. Other advantage for the young man, he will have no problem seeing his university friends, who are close by. World War II will only postpone the growth of the young house and with peace, clients return quickly.

Arnys soon becomes the central sartorial point of Paris-educated intelligentsia, French and foreigners alike step into the Rue de Sèvres boutique. In the 50s, an old classmate of Léon’s, who can’t find anyone who will host his press conference, asks him if he knows anywhere that would accept to host him. Better yet, replies Grimbert, why don’t you hold it in our first floor? It will go down in history as the first press conference of the North Vietnamese party.

In 1966, Léon’s sons Jean and Michel take up the family business after coming back from England. Under their tutelage, the family tradition continues and expands with the same love of beautiful, well made things, without ever looking for more publicity than that of a very satisfied client base. Today, they are still at the helm of the family business and Jean Grimbert even still composes the displays of the front windows himself.

Between these wood-paneled walls, intellectuals, industrialists and politicians alike come to dress. Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé and Paco Rabanne have even been repeat customers. This diverse clientele feels quite at home in the store, and sometimes the first floor is more like an annex of Parliament. Tensions or quarrels are smoothed away discreetly with the help of whip-smart personnel. Mr So-and-So doesn’t want to see Mr This? Not to worry, one will be discreetly whisked away to see shirts while the other is guided to another part of the shop. Arnys stays a haven for free-thinkers of all chapels.

Once inside, I discovered the Forestière, the house’s key jacket, but also ties, cufflinks -made of gold rather than silver, for better durability, printed linen shirts and many other parts of the masculine wardrobe.
It is on the first floor that I meet Jean Grimbert, to learn more about menswear, liberty and delicious new addresses. Bob, his adorable canine companion is with him and while he settles in a ray of sunshine, we settle down around some coffee with Romain Hulin and Sibylle Grimbert.

The strength of this house is all in the quality of its clothing, made on the premises in their atelier. For made-to-measure, measuring, fittings and final touches are similar to haute couture. Each detail, from fabric to buttons, are chosen before tailoring. On a table, collar options and buttons are displayed, while bolts of fabric sleep on a nearby rack, waiting to be awakened by a touch.

Nothing has changed in the method since the beginnings. Nimble hands repeat the same age-old techniques, day after day, with patience and precision. In the ateliers, in a welcoming -albeit studious- atmosphere , the petites mains of the house cut, sew, iron endlessly. Rolls of fabric necessary to the next weeks of order are stored in a small room next door. Each item of clothing bears a label, with the name of its owner. Even ready-to-wear receives VIP treatment, with final adjustments made for hemlines, waists… The extremities are left unfinished on most pieces, until they are purchased and fitted.
There is a fake casual feeling in the padless shoulders of their jackets. The impeccable core construction is precise, almost architectural, to seem so effortless.

Menswear remains an exact work

~ Michel Grimbert

Arnys is not prisonner to any tradition, other than well-cut clothing. They were among the first to use denim for suits and fade effects. A youthful sparkle lights up Grimbert’s eyes as he recounts how he would rub sand on his jeans as a young man, to get just the right wash. Far from seasonal fads, Arnys is influenced by their customers, creating their fashion, their wardrobe. Their Parisian elegance derives from French traditional choices, such as corduroy, solid fabrics as worn by artisans, high waists and the traditional “earthy” labourer mores.

When asked to define an elegant man, Grimbert replies rather simply that a man is never more elegant than when he grants himself permission to be himself. “Fashion” is only the alphabet used to create his sartorial personality. “There is no bad taste, only tasteless” he says, and bland, unremarkable clothing is the sign of having no taste. Today still, clothing remains a social indicator, although not as visible as before.

Colour and structure are indicators of how a society is, as its core, and is most visible in military clothing.
Natural, unconstrained shoulders appear in more liberal times, while rigid, hieratic silhouettes are the sign of a regime that wishes to control. He is never surprised to meet design students at the Invalides museum of armies. Similarly, use of colour reflects the social position: the high up one is, the more colour seems to appear. A man in a dark, neutral suit, looking like a security guard, is expressing his desire to fit in, usually with an invisible army of similar workers.
There is a deep understanding of what men want, in their clothing, among the people working here.

Within Arnys, there is a culture of exchange, and it isn’t rare to leave the store with unexpected information. As time wore on, our conversation turned to the many delicious addresses in the area. In the Grimbert family, good things are appreciated, intellectually or on a plate.

I could spend many more hours telling you about Arnys, but there isn’t a better way to discover them than to step inside. The house is in the image of Jean Grimbert, warm and welcoming to all who enter. Each client, whether here to browse or buy, is met with the same courtesy.

After such a visit, I can no longer walk past Arnys without having a look at the displays, and when I have time, to go admire the latest inside.

A few things about Jean Grimbert

His favourite jacket: The Forestière, created in 1947 by his father for famous architect Le Corbusier, who wanted a jacket he would write on the blackboard in. Its kimono inspired sleeve gives it a perfect drape in any arm position.

Brands he likes: Hermès, whom he is delighted to see settle opposite them. Chanel, for ladies. Yves Saint-Laurent, as well.

A country he loves: Japan, the homeland of his wife. A very diverse country, where past, present and future are present. Walking in Osaka is a visual feast. Japanese people are so passionate about studying subjects of interest that Arnys fans from the country will often send in queries that require research in the house’s archives.

A surprise: The number of female clients that by for themselves at Arnys. A womenswear boutique might be on the cards.

Something new: Their brand new raincoat, as light as a feather.

To experience Arnys’ tradition: the cravate d’atelier – First made in the 30s, this tie is folded 7 times and sewed by a single thread. Thick and matte in texture, it is a beautiful heirloom. For each colourway, only 40 pieces are ever made, making each combination a bit of an exclusive.

To get your tastebuds going, here are a few delicious addresses shared by Jean Grimbert :
L’Atelier de Joel Robuchon - 5 rue du Montalembert, Paris 7 - A taste of fine dining, at a reasonable price. He appreciates going there for a single dish at lunchtime, something that satisfies deeply without stuffing.
Bistrot L’Ami Jean – 27 rue Malar, Paris 7 – Traditional French fare, well executed and well served.
Yen – 22 rue St-Benoit, Paris 6 – Soba and traditional Japanese fare are served here.
Isami – quai d’Orléans, Ile-Saint-Louis, Paris 4 – This restaurant is one of the best sushi-ya of Paris. I wouldn’t say “the best” because each fish fanatic has their own opinion. The owner is behind the counter and never hesitates to let you know what he thinks.

Arnys
14 rue de Sèvres
75007 Paris
tél: +33 (0) 1 45 48 76 99
fax: +33 (0) 1 45 48 84 72
http://www.arnys.fr

Thank you to everyone at Arnys for their welcome and to Romain Hulin at People’s Revolution for this invitation to discover a beautiful fashion house.

Gone to Pandora: Soirée Avatar au Virgin

Thursday, April 22nd, 2010

Pour le lancement d’Avatar en DVD et Blu-Ray, j’étais invitée à me rendre au Virgin Mégastore. A mon arrivée, l’intérieur était déjà perdu dans les brumes et les éclats de bleu, entrecoupé de bribes sonores du film… Un visage bleu expressif me regarde au dessus des épaules des agents de sécurité. Damned! Une Navi parmi nous pour de vrai?

Navi Avatar by Make-up Forever

Pour l’occasion, Dany Sanz a recréé des Navi grâce aux produits Make-up Forever utilisés en body painting. Peur de la tendance au maquillage bleu? Pas eux.

Avatar DVD Launch - Virgin Megastore Paris

Plus de 3 heures ont été nécessaires pour transformer nos humains en créatures de rêve. Etape par étape, le personnage émerge sous les coups de pinceaux des maquilleurs. Là où habituellement, le réél est créé pour les caméras, ici, c’est la 3D qui prend vie entre les mains de Dany Sanz.

Avatar DVD launch - Virgin Megastore Paris

Avatar Launch - Virgin Megastore Paris

Pour les costumes, c’est le talentueux Eric Tibusch, un habitué de la semaine de la Haute Couture, qui est aux commandes de leur réalisation. Avec des accessoires d’inspiration tribale bien de notre planète bleue, il leur a façonné des ornements à la hauteur du meilleur de la 3D.

Avatar DVD Launch - Virgin Megastore Paris

Accompagné de son amie et muse, habillée d’une robe de sa création en peau et galuchat, il s’est prêté au jeu des questions des journalistes avant de retourner mettre la dernière main aux costumes.

Eric Tibusch et sa muse

Nuage de cendres oblige -histoire de nous rappeller que la Terre reste quand même maître à bord- Jon Landau n’avait pu faire le déplacement mais était avec nous par écran interposé, histoire de rajouter à la science fiction du moment.

En définitive, ce sont les roses bioluminescentes de Monceau Fleurs qui ont achevé de me souffler. Blanches à la lumière, phosphorescentes dans le noir.

DVD et Blu-ray Avatar
Disponible depuis le 21 avril

Dentelles de papier – Mathilde Nivet

Wednesday, March 31st, 2010

Une froide matinée d’hiver, j’ai rendez-vous avec une magicienne qui s’appelle Mathilde Nivet. Armée d’une simple feuille de papier et d’un cutter, elle fait jaillir tout un univers, comme la ville qui a orné les vitrines de Servane Gaxotte pendant tout l’hiver 2009.

Mathilde Nivet - 2010
Photo: Mademoiselle à Paris

Son atelier, en bordure de périph’ et dans un endroit qu’on pourrait qualifier de craignos, est comme un fruit du dragon: le meilleur est à l’intérieur. Barreaux aux fenêtres, végétation agonisante, le cadre n’est pas très accueillant mais Mathilde et ses compagnons d’atelier, si. On pourrait imaginer qu’un atelier plein d’activité pourrait être une distraction mais elle aime cette manière de travailler en groupe.

Installées au milieu d’un inventaire à la Prévert de matières, Mathilde me présente ses créations de papier. Ayant étudié la mode à l’Ecole Duperré, elle aurait pu choisir le tissu pour s’exprimer mais c’est vers le papier qu’elle s’est tournée. Le papier est un médium qu’elle aime: facile, immédiat, une action sur lui donne un résultat, malgré les difficultés pour le faire durer et en faire des installations à grande échelle.

Créations de Mathilde Nivet
Photo: Mademoiselle à Paris

En dépit de son apparence de jeune fille à peine sortie de l’école, Mathilde a déjà travaillé sur de nombreux: le dernier en date, une installation de ville en 3D pour Citroën, vient à peine de s’installer. Vitrines pour le musée de La Poste, installations pour Hermès, Timberland, collaboration avec Servane Gaxotte et la designer culinaire Lily Monsaingeon… un CV aussi impressionant et varié que ses réalisations.

Mathilde Nivet - Atelier
Photo: Mademoiselle à Paris

Ses supports préférés? Les papiers lisses comme le bristol, les couchés, les papiers d’Antadys par exemple, qui accrochent bien la lumière. Mais tous les papiers ne sont pas bons à prendre: elle n’aime pas les papiers “du monde” et leurs inscrustations qui peuvent parfois faire dévier une coupe, ainsi que les papiers très grainés.

Module 6 par Mathilde Nivet pour The Collection
Photo via Mathilde Nivet

Ce qu’elle aime dans les briefs qui lui sont présentés, c’est de découvrir un univers et de s’y adapter pour créer. Parmi ses projets actuels, “Module 6″ (disponible chez The Collection): un nouveau défi car ce papier peint modulaire n’est pas destiné à une exposition mais bien à être intégré dans nos intérieurs, et la multitude de nos univers.

Une belle imagination qui donne envie de faire autre chose des gribouillis sur un coin de bloc-note pendant les réunions!

Mathilde Nivet – Paper Designer
http://www.mathildenivet.com

NARS 15×15

Thursday, November 26th, 2009

15X15 Daphne Guinness PortraitEst-ce que vous êtes allés voir le site dédié 15 x 15 project depuis son lancement?

Non?

C’est un tort, vous devriez aller le voir immédiatement! Toutes les photos des mises en beauté par François Nars sont visibles et elles sont particulièrement impressionnantes. Les éditions des photos ainsi que le livre y sont vendues, au profit d’oeuvres caritatives choisies par chacun des sujets.

Pour ne pas vous gâcher le plaisir, je ne vous montre que deux de mes préférées, pour vous convaincre d’y aller faire un tour.

15X15 Lisa Marie Smith PortraitDaphne Guinness, héritière des brasseries Guinness, journaliste, icône de mode et muse, est régulièrement en première ligne des événéments les plus exclusifs. Son style innimitable et sa collection de haute couture légendaire en ont fait la coqueluche des critiques de mode. Devant l’objectif de François Nars, elle a revêtu une tenue Edwardienne réinventée et l’Ombre Essentielle Night Breed, au profit de Meath Women’s Refuge and Support Services.

Vous vous souvenez peut-être de la Martienne sculpturale et dangereuse de Mars Attacks! ? Voici Lisa Marie Smith en Terrienne du futur dans une tenue géométrique et contrastée, en harmonie avec le Duo d’ombres Pandora.

Les autres photos sont également magnifiques, notamment celle d’Amanda Lepore. Comme prévu, les photos resteront en ligne encore une quinzaine de jours.

Projet 15 x 15 pour célébrer les 15 ans de NARS, toujours sur http://www.15×15project.com/

Les grands formats de ces photos après la coupure!

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Virginie Millefiori

Friday, August 21st, 2009

Bague space de Virginie Milifiori

Au détour d’un petit four, pour l’ouverture de la boutique de Valentine Gauthier, j’ai fait une rencontre du troisième type. Après les salutations à l’heureuse créatrice, elle m’a présenté deux amies à elle, Virginie et une mystérieuse jeune femme que nous appelerons seulement Noot.

Le champagne et une bonne tranche de rigolade aidant, nous avons fait plus ample connaissance.

A l’inévitable “Tu fais quoi dans la vie”, Virginie a répondu qu’elle était l’auteur des petits bijoux dans la vitrine sur laquelle traînait négligeamment ma flûte.

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Campagne Madonna pour LV: sexy ou trashy?

Sunday, January 18th, 2009


Qui ne connait pas Madonna, chanteuse de renom autant pour son talent que pour ses excentricités ?
Aujourd’hui, la chanteuse va sur ses 50 ans, et même si sa voix ne la trahie pas, ses goûts et ses provocations choquent. Ce qui pouvait passer chez une belle minette d’une vingtaine d’année, voir un peu plus, devient vulgaire à son âge. Une peau flasque liposucée attire peu de fans…


Sauf peut-être Louis Vuitton qui a lancé plusieurs campagnes de publicité avec la blonde pour modèle. Le créateur trouve en elle une femme sexy par définition, et il est vrai que son âge ne se voit pas sur certaines photos. Merci la Science (et par Science, j’entends Photoshop et consort), sans qui la Star ne pourrait pas s’afficher ainsi.

Peut-être que les hommes la trouvent belle et sexy avec ses poses provocantes, mais personnellement, je trouve son attitude vulgaire, digne d’une fille de joie. Alors pour de nombreux fans _ou pas_ et moi, la réponse à la question est plutôt Trashy! Désolée LV, mais tu as commis un “fashion crime”!

Mademoiselle