
Façade Arnys – Photo: Arnys
Arnys, ce nom n’évoque peut-être encore rien pour vous mais pour la rive gauche, c’est un nom synonyme d’élégance et de raffinement vestimentaire au masculin. L’unique boutique parisienne de la maison se dresse rue de Sèvres et en face se trouve la future implantation de la maison Hermès, dédiée à l’homme. Passée des centaines de fois devant les vitrines, je n’avais jamais osé pousser la porte, impressionnée par l’apparente solennité de lieux qu’on sent pleins d’histoires. La boutique ne me semblait pas le genre d’endroit où on pouvait juste jeter un coup d’œil.
Je ne pouvais pas plus me tromper.
Son histoire commence dans les années 30. Jankel Grimbert est déjà un tailleur respecté de la rive droite. L’élégance masculine n’a pas de secrets pour lui et ses deux fils étaient en train de faire leurs études quand la poliomyélite frappe le jeune Léon Grimbert et l’oblige à interrompre sa médecine. Une fois remis, il décide de s’établir avec son frère Albert et ils conseillent à leur père d’acheter une boutique rive gauche. Siège des universités et des grandes écoles, la rive gauche représente l’intellect, une perpétuelle recherche de différence, de nouvelles idées. Autre avantage, Léon a tout loisir de retrouver ses amis de faculté, tous proches. La guerre viendra interrompre momentanément la croissance de la jeune maison, et une fois la paix revenue, les clients affluent à nouveau.

Tableau, Premier étage – Photo: Mademoiselle à Paris
Arnys devient rapidement un point central pour l’intelligentsia éduquée à Paris, car il n’y a pas que les Français qui poussent la porte de la rue de Sèvres. Dans les années 50, refusé de toute part, un ancien camarade de classe demande si Léon connaît un endroit pour faire une conférence de presse. J’ai mieux, répond-il et leur ouvre le salon du premier étage. Ce sera la toute première conférence de presse du camp nord-vietnamien.

Michel et Jean Grimbert – Photo: Arnys
En 1966, c’est au tour des fils de Léon, Jean et Michel Grimbert, de reprendre le flambeau au retour d’un séjour en Angleterre. Sous leur houlette, la tradition familiale continue et s’étend avec le même amour des belles choses, sans jamais rechercher la publicité autre que celle de leur clientèle satisfaite. Ils sont toujours à la tête de l’entreprise familiale, et c’est Jean Grimbert lui-même qui signe la décoration des élégantes vitrines de la rue de Sèvres.

Salons Arnys RDC – Photo: Mademoiselle à Paris
C’est entre ces murs lambrissés que viennent s’habiller intellectuels, capitaines d’industrie et élus. Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé et Paco Rabanne ont été et sont encore des clients de la maison.
Une clientèle qui se sent chez elle dans la boutique à tel point que les salons d’essayage du premier étage prennent parfois l’air de seconde tribune politique.
Petites tensions ou vives querelles passent entre ces murs, avec l’aide élégante du personnel. Monsieur Untel ne peut pas voir monsieur Machin en peinture? Il sera alors guidé avec tact vers un salon plutôt qu’un autre. Arnys est un espace de liberté pour les libres penseurs de tous bords.
Une fois passé la porte, au rez-de-chaussée, je découvre la Forestière, veste emblématique de la maison, mais également les cravates, les boutons de manchette dont les parties métalliques sont faites en or pour une plus grande tenue dans le temps, les chemises en lin imprimé et bien d’autres éléments du vestiaire masculin.

Boutons de manchette or & galuchat – Photo: Mademoiselle à Paris
C’est au premier étage de la maison que Jean Grimbert me reçoit, pour discuter du vestiaire masculin, de liberté et de bonnes adresses. Bob, fidèle compagnon canin, l’accompagne et s’installe sous un rayon de soleil tandis que nous nous installons autour d’un café, en compagnie de Romain Hulin et Sibylle Grimbert.

Bob, le chien Rive Gauche – Photo: Mademoiselle à Paris
La force de la maison Arnys tient dans la qualité de ses vêtements, fabriqués dans son atelier. En grande mesure, mesures, essayages et retouches finales rappellent la haute couture féminine. Chaque détail, du tissu aux boutons, est choisi avant la confection. Sur une table, les cols et boutons sont présentés, tandis que sur des portants, les échantillons des chemises attendent qu’on les effleure.

Cols et boutons – Photo: Mademoiselle à Paris

Choix de chemises – Photo: Mademoiselle à Paris
Rien n’a changé dans la méthode, depuis les origines. Les gestes d’artisan sont toujours les mêmes, répétés avec une infinie patience. Dans les ateliers, la bonne humeur -studieuse- règne et les petites mains de la maison s’affairent, coupant, cousant, repassant. Les rouleaux de tissus nécessaires aux prochaines commandes attendent sagement dans une pièce voisine. Chaque vêtement porte une étiquette, avec le nom de son propriétaire. Même le prêt-à-porter reçoit un traitement digne de la mesure: ourlets, boutons, manches ajustées. Les coutures ne sont pas finies, attendant leur propriétaire pour les ultimes essayages.
Il y a une fausse désinvolture dans les épaules naturelles, sans épaulettes, des vestes de la maison. Le travail de construction du vêtement masculin est précis, pour un tombé impeccable.
Le masculin reste une exactitude
~ Michel Grimbert
Arnys n’est pas englué dans une quelconque tradition, autre que celle des vêtements bien coupés, bien finis. Ils ont été parmi les premiers à faire des costumes en toile de jean, à utiliser le délavé volontaire. Une petite étincelle espiègle éclaire le regard de Jean Grimbert tandis qu’il nous raconte la manière dont les jeunes de son époque délavaient leurs jeans en les frottant au sable sur la plage. Loin des diktats de la mode saisonnière, Arnys laisse sa clientèle influencer ce qui devient sa mode, son vestiaire. Ainsi, le “Français” s’inspire de l’élégance de la terre, avec le velours côtelé, les matières solides comme les aimaient les corps de métiers. Le pantalon taille-haute et le mouvement fluide de la chasuble, du col à l’évasé du bas font également partie de son “ADN” vestimentaire.
A la question “qu’est ce qu’un homme élégant”, Jean Grimbert répond simplement qu’un homme n’est vraiment élégant lorsqu’il s’autorise la liberté d’être lui-même. La “mode” n’est alors qu’un solfège avec lequel composer sa personnalité vestimentaire, selon ses humeurs. “Il n’y a pas de mauvais goût, seulement du non-goût”, et un habillement terne est le signe du non-goût. Aujourd’hui encore, le vêtement reste un signe de démarcation sociale, cependant moins visible qu’autrefois.
Couleur et structure de vêtement sont autant d’indicateurs sur une époque, ce qui se remarque notamment dans les habits militaires :
Une épaule naturelle apparaît dans les époques de liberté tandis que des silhouettes très structurées sont le signe d’un régime plus totalitaire, d’une volonté de contrôler. Il n’est surpris de croiser autant d’étudiants en stylisme que de touristes aux Invalides dans le musée des armées. D’une manière similaire, l’usage de la couleur reflète la position sociale : plus un individu est dominant dans sa hiérarchie, plus son habit se colore. Un homme dans un costume neutre et sombre, avec son look de garde du corps, fait corps avec une masse invisible et laborieuse, dans une volonté de s’intégrer.
La compréhension des désirs inexprimés des clients est profonde et tous ici le montrent dans leur manière de travailler.
Au sein de la maison Arnys, il y a une vraie culture de l’échange et il n’est pas rare de repartir avec une nouvelle information. L’heure avançant, notre conversation s’est tournée vers les nombreuses -et délicieuses- adresses du quartier. Dans la famille Grimbert, on aime les bonnes choses, qu’elles se consomment intellectuellement ou dans une assiette.
Je pourrais passer encore des heures à raconter Arnys mais il n’y a pas de meilleure manière de découvrir cette maison que d’en pousser la porte.

Noeud papillon en double reps 28 momées – Photo: Mademoiselle à Paris
Arnys est toute entière à l’image de Jean Grimbert, chaleureuse, accueillante.
Après pareille visite, je ne passe plus devant Arnys de la même manière. Chaque client, qu’il vienne pour une cravate ou un costume est accueilli avec la même courtoisie. Au lieu de passer rapidement, je m’attarde devant les vitrines pour regarder les petits changements et quand j’ai le temps, je n’hésite plus à en pousser la porte.
Jean Grimbert en quelques points
Sa veste préférée: La Forestière, créée en 1947 par son père à la demande de Le Corbusier, qui souhaitait un vêtement aux manches tombant juste même lorsqu’il travaillait au tableau. Sa manche inspirée des kimonos permet une grande liberté de mouvement.

Veste Forestière – Photo: Arnys
Des marques qu’il aime: Hermès, dont il est ravi qu’ils s’installent en face en fin d’année. Chanel, pour les femmes. Yves Saint-Laurent, également.
Un pays qu’il affectionne: Le Japon. Pays d’origine de son épouse, le Japon est un pays aux multiples facettes. Le passé, le présent et l’avenir sont intimement liés dans le quotidien. Il n’y a qu’à se promener dans Osaka pour faire le plein visuellement.
Les Japonais ont une passion pour l’étude et la maison reçoit occasionnellement des demandes très précises de passionnés qui demandent de menus détails qu’il faut ensuite rechercher dans les archives de la maison.
Une surprise: Le nombre de femmes parmi les clients d’Arnys. Pour ces dames, une boutique séparée pourrait voir le jour.
Une nouveauté: Un imperméable aussi léger qu’une plume.
Pour découvrir Arnys: la cravate d’atelier – Comme son ancêtre des années 30, cette cravate à l’aspect mat, légèrement froissée est fabriquée dans un double reps exclusif à Arnys. Sans aucune doublure, elle est pliée 7 fois avant d’être cousue d’un fil. Pour chaque combinaison de couleur, seuls 40 pièces sont produites, pour garder un esprit d’exclusivité.
Pour affuter votre goût, voici quelques adresses savoureuses que Jean Grimbert a partagées avec nous:
L’Atelier de Joel Robuchon – 5 rue du Montalembert, Paris 7 – Une bonne manière de goûter à l’une des meilleures cuisines français de nos jours. Jean Grimbert aime y aller pour un plat le midi, pour savourer sans se gaver.
Bistrot L’Ami Jean – 27 rue Malar, Paris 7 – De la cuisine du terroir, bien executée et qui tombe juste.
Yen – 22 rue St-Benoit, Paris 6 – Pour leurs soba et la cuisine traditionnelle japonaise
Isami – quai d’Orléans, Ile-Saint-Louis, Paris 4 – Ce restaurant fait partie des meilleurs Japonais de Paris (je ne le qualifie pas de ” meilleur de Paris ” car les amateurs ont chacun leur favori absolu). Une toute petite salle sur les quais de l’Île-Saint-Louis, tenu par un maître sushi qui n’hésitera pas à vous dire ce qu’il pense.
Arnys
14 rue de Sèvres
75007 Paris
tél: +33 (0) 1 45 48 76 99
fax: +33 (0) 1 45 48 84 72
http://www.arnys.fr
Un grand merci à la maison Arnys pour son accueil et à Romain Hulin chez People’s Revolution, pour cette invitation à découvrir une très belle maison.
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The name Arnys may not ring a bell for you, but on Paris’ Left Bank, it is a name synonymous with elegance and refined menswear. The house’s only Parisian boutique is located on rue de Sèvres, near the Bon Marché and opposite the location of the future Hermès menswear store. I must have walked hundreds of times in front of the storefront, without ever daring to cross the threshold, impressed by the respectability of the establishment. This didn’t seem to be the kind of store that I could just browse in aimlessly.
I couldn’t be more wrong.
Its story starts in the 1930s. Jankel Grimbert is already a well-respected tailor on the right bank. Elegant menswear is no mystery for him and his two sons are studying when polio strikes young Léon Grimbert and prevents him from completing his medical studies. Once his convalescence over, he decides to set up with his brother Albert, and the brothers convince their father to open a shop in the heart of the left bank. House to the best faculties and schools, the left bank has long been renowned for its rich intellectual life and a perpetual quest for new, different ideas. Other advantage for the young man, he will have no problem seeing his university friends, who are close by. World War II will only postpone the growth of the young house and with peace, clients return quickly.
Arnys soon becomes the central sartorial point of Paris-educated intelligentsia, French and foreigners alike step into the Rue de Sèvres boutique. In the 50s, an old classmate of Léon’s, who can’t find anyone who will host his press conference, asks him if he knows anywhere that would accept to host him. Better yet, replies Grimbert, why don’t you hold it in our first floor? It will go down in history as the first press conference of the North Vietnamese party.
In 1966, Léon’s sons Jean and Michel take up the family business after coming back from England. Under their tutelage, the family tradition continues and expands with the same love of beautiful, well made things, without ever looking for more publicity than that of a very satisfied client base. Today, they are still at the helm of the family business and Jean Grimbert even still composes the displays of the front windows himself.
Between these wood-paneled walls, intellectuals, industrialists and politicians alike come to dress. Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé and Paco Rabanne have even been repeat customers. This diverse clientele feels quite at home in the store, and sometimes the first floor is more like an annex of Parliament. Tensions or quarrels are smoothed away discreetly with the help of whip-smart personnel. Mr So-and-So doesn’t want to see Mr This? Not to worry, one will be discreetly whisked away to see shirts while the other is guided to another part of the shop. Arnys stays a haven for free-thinkers of all chapels.
Once inside, I discovered the Forestière, the house’s key jacket, but also ties, cufflinks -made of gold rather than silver, for better durability, printed linen shirts and many other parts of the masculine wardrobe.
It is on the first floor that I meet Jean Grimbert, to learn more about menswear, liberty and delicious new addresses. Bob, his adorable canine companion is with him and while he settles in a ray of sunshine, we settle down around some coffee with Romain Hulin and Sibylle Grimbert.
The strength of this house is all in the quality of its clothing, made on the premises in their atelier. For made-to-measure, measuring, fittings and final touches are similar to haute couture. Each detail, from fabric to buttons, are chosen before tailoring. On a table, collar options and buttons are displayed, while bolts of fabric sleep on a nearby rack, waiting to be awakened by a touch.
Nothing has changed in the method since the beginnings. Nimble hands repeat the same age-old techniques, day after day, with patience and precision. In the ateliers, in a welcoming -albeit studious- atmosphere , the petites mains of the house cut, sew, iron endlessly. Rolls of fabric necessary to the next weeks of order are stored in a small room next door. Each item of clothing bears a label, with the name of its owner. Even ready-to-wear receives VIP treatment, with final adjustments made for hemlines, waists… The extremities are left unfinished on most pieces, until they are purchased and fitted.
There is a fake casual feeling in the padless shoulders of their jackets. The impeccable core construction is precise, almost architectural, to seem so effortless.
Menswear remains an exact work
~ Michel Grimbert
Arnys is not prisonner to any tradition, other than well-cut clothing. They were among the first to use denim for suits and fade effects. A youthful sparkle lights up Grimbert’s eyes as he recounts how he would rub sand on his jeans as a young man, to get just the right wash. Far from seasonal fads, Arnys is influenced by their customers, creating their fashion, their wardrobe. Their Parisian elegance derives from French traditional choices, such as corduroy, solid fabrics as worn by artisans, high waists and the traditional “earthy” labourer mores.
When asked to define an elegant man, Grimbert replies rather simply that a man is never more elegant than when he grants himself permission to be himself. “Fashion” is only the alphabet used to create his sartorial personality. “There is no bad taste, only tasteless” he says, and bland, unremarkable clothing is the sign of having no taste. Today still, clothing remains a social indicator, although not as visible as before.
Colour and structure are indicators of how a society is, as its core, and is most visible in military clothing.
Natural, unconstrained shoulders appear in more liberal times, while rigid, hieratic silhouettes are the sign of a regime that wishes to control. He is never surprised to meet design students at the Invalides museum of armies. Similarly, use of colour reflects the social position: the high up one is, the more colour seems to appear. A man in a dark, neutral suit, looking like a security guard, is expressing his desire to fit in, usually with an invisible army of similar workers.
There is a deep understanding of what men want, in their clothing, among the people working here.
Within Arnys, there is a culture of exchange, and it isn’t rare to leave the store with unexpected information. As time wore on, our conversation turned to the many delicious addresses in the area. In the Grimbert family, good things are appreciated, intellectually or on a plate.
I could spend many more hours telling you about Arnys, but there isn’t a better way to discover them than to step inside. The house is in the image of Jean Grimbert, warm and welcoming to all who enter. Each client, whether here to browse or buy, is met with the same courtesy.
After such a visit, I can no longer walk past Arnys without having a look at the displays, and when I have time, to go admire the latest inside.
A few things about Jean Grimbert
His favourite jacket: The Forestière, created in 1947 by his father for famous architect Le Corbusier, who wanted a jacket he would write on the blackboard in. Its kimono inspired sleeve gives it a perfect drape in any arm position.
Brands he likes: Hermès, whom he is delighted to see settle opposite them. Chanel, for ladies. Yves Saint-Laurent, as well.
A country he loves: Japan, the homeland of his wife. A very diverse country, where past, present and future are present. Walking in Osaka is a visual feast. Japanese people are so passionate about studying subjects of interest that Arnys fans from the country will often send in queries that require research in the house’s archives.
A surprise: The number of female clients that by for themselves at Arnys. A womenswear boutique might be on the cards.
Something new: Their brand new raincoat, as light as a feather.
To experience Arnys’ tradition: the cravate d’atelier – First made in the 30s, this tie is folded 7 times and sewed by a single thread. Thick and matte in texture, it is a beautiful heirloom. For each colourway, only 40 pieces are ever made, making each combination a bit of an exclusive.
To get your tastebuds going, here are a few delicious addresses shared by Jean Grimbert :
L’Atelier de Joel Robuchon - 5 rue du Montalembert, Paris 7 - A taste of fine dining, at a reasonable price. He appreciates going there for a single dish at lunchtime, something that satisfies deeply without stuffing.
Bistrot L’Ami Jean – 27 rue Malar, Paris 7 – Traditional French fare, well executed and well served.
Yen – 22 rue St-Benoit, Paris 6 – Soba and traditional Japanese fare are served here.
Isami – quai d’Orléans, Ile-Saint-Louis, Paris 4 – This restaurant is one of the best sushi-ya of Paris. I wouldn’t say “the best” because each fish fanatic has their own opinion. The owner is behind the counter and never hesitates to let you know what he thinks.
Arnys
14 rue de Sèvres
75007 Paris
tél: +33 (0) 1 45 48 76 99
fax: +33 (0) 1 45 48 84 72
http://www.arnys.fr
Thank you to everyone at Arnys for their welcome and to Romain Hulin at People’s Revolution for this invitation to discover a beautiful fashion house.