Fuir la foule des acheteurs de Noël, c’est mission presque impossible. Cependant, il existe un havre de paix épargné par le tumulte des fêtes.

Une belle après-midi ensoleillée, je me suis rendue dans les Galeries du Palais Royal, invitée par Shiseido à découvrir ses Salons du Palais Royal. Au milieu de quelques unes de meilleurs adresses de la mode comme Didier Ludot ou les maisons Beyer et Fabre, Shiseido a installé ses Salons. Dans la devanture, des montages décoratifs mettant en valeur les flacons. J’ai du passer des dizaines de fois devant cette vitrine sans jamais oser rentrer dans l’écrin semble luxueux.

Lorsque Serge Lutens est comissionné pour créer le premier parfum Shiseido, Féminité du Bois, il créé un parfum tellement iconique que Shiseido lui offre non seulement la possibilité de développer sa palette mais également l’écrin grandeur nature pour son succès. Son souci du détail est extrême et se retrouve dans les deux étages de ce salon exceptionnel.

Le rez-de-chaussée nous invite au Japon impérial, avec ses tons violets. Chaque détail est peint à la main, des scènes de contes représentant des animaux, jusqu’aux étoiles peintes sur le plafond. Pour la petite histoire, le ciel étoilé n’était pas encore sec, le soir de l’inauguration des lieux!
A l’étage, c’est une ambience plus méditérrannéenne qui invite à la découverte des parfums, autour d’une table, pour partager ce moment.

Chacun y est guidé en fonction de ses envies et de ses préférences. Lors de ma visite, ma guide m’a demandé quel était mon parfum préféré. Osmanthe Yunnan, lui ai-je dit. Alors, osmanthus interprêté dans Nuit de Cellophane, a-t-elle répondu en me tendant une touche à sentir.
Les deux parfums sont complètement différents. Entre l’evanescent Osmanthe Yunnan et le radical -et choquant à son lancement- Nuit de Cellophane, je sens la parenté ténue qui les lie. Quand elle me raconte que ce parfum si particulier a été une surprise pour les habitués de Lutens, je ne suis guère étonnée.

La découverte continue, avec des instants capturés dans ce qu’ils ont de plus brut, sans que les parfums en soient aggressifs ou désagréables. Il y a l’approche du Grenouille de Suskind dans cette démarche mais pour partager et non s’approprier tous ces moments.
Le parfum devient le point central d’un moment et on s’imagine sans peine en pin-up des années 50 en train de se préparer. Pour parfaire encore l’image, Serge Lutens a imaginé une extension presque naturelle, un nécessaire de maquillage minimaliste. Couleurs subtilement élégantes, rouges luxueux et une poudre pour égaliser les rougeurs autour des yeux… Il nous montre qu’il ne faut pas grand chose pour habiller la peau d’une femme.
Deux heures plus tard, après avoir visité le salon, découvert les parfums et des flacons gravés sublimes, j’ai refermé derrière moi la porte des Salons, avec l’impression, dans l’obscurité tombante, d’avoir fait un voyage dans un rêve odorant.
Merci à Amélie et l’équipe des Salons de m’avoir accueillie à bras ouvert.
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Dodging crowds in search of gifts around Christmas takes something like ninja skills. However, for those of us in the know -as you will be after reading- there is a haven of peace in the middle of Paris.
On a beautifully cold winter afternoon, I found myself walking under the fashionable arcades of the Jardins du Palais Royal. If you have never been, Galerie Montpensier (on the western side) and Galerie de Valois (on the eastern) are the hidden gems of Paris’ vivid fashion scene. Didier Ludot (of vintage and little black dress fame), Mary Beyer and Maison Fabre, both renouned glovemakers, Marc Jacobs, Stella McCartney and Corto Moltedo, to name but a few, all have addresses here.
When Serge Lutens was commissionned to design Shiseido’s first perfume, Féminité du Bois, he created something so iconic that not only did Shiseido keep him on for decades, but they also gave him carte blanche to design the life-sized jewellery box for Féminité. Hence the Salons were born.
Downstairs is an elegant room in tones reminiscent of Imperial Japan, handpainted down to the last star on the ceiling -which weren’t even dry on opening night, as legend has it.
Upstairs, we are taken to a warm, Middle-Eastern salon where one can sit and share the perfume experience with friends.
I was inducted into a whole new world of perfume, one that I had only had whiffs of in the past: where memories are made tangible in fragile glass vials. There is something of Suskind’s Perfume in this approach, minus the homicidal basket case. In naming my favourite perfume, my guide smiled and held up Nuit de Cellophane for me to smell. Amid complex layers that I was not quite sure about, I found the tenuous note that made this and my perfume chime together, like two instruments made from the same wood.
As a final note, Serge Lutens designed a minimalist make-up collection with the bare essentials for an elegant face. It flows with his desire to inscribe scent and beauty into a single moment. Perhaps a 50s pin-up doing up her make-up before a big night out.
Two hours later, I was closing the door in this fragrant realm with the impression of returning from a dreamland made of engraved bottles and scented snapshots.
Special thanks to Amélie and the team at the Salon for this wonderful visit.
Les Salons du Palais Royal Shiseido
142, galerie de Valois
75001 Paris
+33 (0)1 49 27 09 09
www.salons-shiseido.com