Une vie de Pintade … à Bruxelles
Les Pintades, La collection d’ethno-guides touristiques pour les filles sérieuses et frivoles à la fois.

Pintade : n.f.
- Gros oiseau galliforme (numididé) d’Afrique et d’Arabie, à pattes robustes, omnivore, volant bien, mais rarement, parcourant les savanes en troupes nombreuses.
- Oiseau de basse-cour au plumage noirâtre pointillé de blanc, élevé pour sa chair et qui est la forme domestique de l’espèce précédente. (La pintade criaille.)
- Fille sérieuse et frivole à la fois, qui aime les talons hauts et les expériences hautes en couleur.
La série d’ethno-guides pour filles » Les Pintades » s’est fait un nom en croquant les grandes villes, sous des plumes féminines. Le pitch (comme on dit) ? Présenter une ville dans ce qu’elle a d’unique et de secret, comme si vous voyagiez avec une bonne copine en poche, qui distillerait bons conseils et commentaires sociologiques au fil des rues et des pages. Son slogan bien trouvé » Quand on est une femme aujourd’hui, on est forcément un peu pintade » tape juste et fait sourire. La Pintade est fraîche, un peu piquante, épicée par ses expériences. Pour bien préparer la Pintade, il faut :
- Une bonne dose de journalisme
- Quelques branches de sociologie
- Un soupçon d’autodérision
Pour mieux comprendre cet oiseau pas si rare, j’ai eu droit à une leçon de Pintading par téléphone portable interposé avec l’une des Pintades-en-chef, Layla Demay, créatrice de la saga et co-auteure avec Laure Watrin.
Les Pintades, qu’est-ce que c’est ?
C’est un mélange savant mélange entre le carnet d’adresse d’une bonne copine » locale « , une découverte de la féminité du coin et un recueil d’expériences. Venant toutes les deux du journalisme, nous ne pouvions renier nos bases, mais le journalisme dans les Pintades prend une touche plus personnelle, comme d’avoir un guide sur place. Le monde est notre terrain de jeu. Nous poussons les portes, visitons les arrière-cours et entrons dans les confidences de nos voisines autochtones.
D’un seul guide, que nous avons co-écrit, nous avons développé le concept pour en faire une série de guides, selon le même modèle. La force des Pintades et ce qui fait que cela fonctionne, ce sont les auteures. Nous les avons choisies selon des critères simples : ce sont des femmes, des Françaises et des journalistes, et nous leur avons confié les clefs du poulailler.
La toute prochaine destination sera Bruxelles, à paraître le 8 octobre prochain. Nos prochaines destinations de rêve : La côte ouest des Etats-Unis, ou encore Le Caire, en pleine mutation.
Comment définir le Pintadisme ?
Le Pintadisme, c’est une sorte de nouveau féminisme, qui a hérité des acquis et de la liberté conquise par nos mères. Nos problématiques sont différentes, donc le discours se doit d’être différent, car nous voulons une bonne intelligence entre hommes et femmes, et notre défi est de créer une société à chances égales.
Les guides de villes existent sous un grand nombre de formats et de voix, pourquoi se lancer sur ce marché ?
Pour nous, il était important de retranscrire la dualité de la féminité actuelle, et d’en capturer l’essence superficielle. Etre une fille, c’est du sérieux, mais on peut rester une fille sérieuse tout en aimant se pomponner et parfois être totalement futile.
Cette futilité qu’on prend pour un acquis en Occident, et qu’on reproche souvent, elle n’est pas acquise partout. Par exemple, à Téhéran, elle prend des allures de militantisme politique : chaque fanfreluche est une victoire, mais il ne faut pas imaginer que les Téhéranaises subissent. Dans Les Pintades à Moscou est dépeinte la réalité de la vie dure des Russes et des moscovites en particulier.
Bien que chaque ville soit différente, il y a des points communs qui rapprochent les femmes partout dans le monde. Les Pintades se veulent l’expression de ces points communs, et le terme gentiment péjoratif sert à capturer l’essence superficielle
Il était vraiment important pour nous d’amener ce regard même dans les villes ou la féminité s’envisage différemment, et d’en rapporter nos expériences.
Voir la réalité permet de prendre du recul et de se rendre compte de la chance que nous avons.
Et quand vous n’êtes pas en plein Pintading, quel est votre domaine ?
Mon grand centre d’intérêt est la politique.
Si je devais relooker une femme politique ce serait Angela Merkel, elle s’habille très convenablement mais sans élégance. Je suis spécialisée dans la politique américaine, et Hilary Clinton aurait besoin d’une nouvelle coupe de cheveux.
Michelle Obama est une femme remarquable, qui fait un parcours sans faute et accompagne de messages politiques forts: elle est soignée, élégante mais sa garde-robe reste abordable et réelle. Elle est à la fois un exemple formidable pour sa communauté et un visage très actuel de cette communauté.
En France, on n’a pas encore pris la mesure de l’importance des médias et du verrouillage de l’image. Il n’y a pas de conseil en image, ou est le conseil?
Les nouveaux moyens de communication ont accéléré et mis au jour tout ce qui pouvait avant être occulté. Danielle Mitterrand à l’heure de Twitter et Facebook, ça n’aurait pas été la même chose, ça aurait viré au sordide

Prochaine étape pour les pintades, Bruxelles sous la plume d’Elisabeth Clauss cette fois, journaliste pour ELLE Belgique. Et attendant le 4 octobre, date de la sortie des pintades à Bruxelles, voici de quoi vous mettre la bave aux lèvres avec l’interview de l’auteure.
Quelle Pintade êtes-vous?
Une Pintade française expat’, installée depuis 14 ans à Bruxelles grâce à un coup de foudre pour cette ville et ses habitants. Et qui n’en a de loin pas fait le tour.
Quel est votre parcours, pourquoi avez vous choisi Bruxelles pour vous installer (je ne suis pas sure si elle est originaire de là-bas ou non)?
Je suis née et j’ai vécu 22 ans à Strasbourg. C’est une autre belle ville, riche d’Histoire, et qui participe à la construction européenne. Elles ont pas mal de choses en commun, notamment le côté » assis entre deux chaises « . Mais à un moment donné, j’ai eu envie de plus grand. En 1996, j’ai travaillé quelques mois sur des tournages de films, et j’y ai rencontrés des Bruxellois avec qui j’avais beaucoup d’affinités. J’aimais ce qu’ils dégageaient, j’aimais ce qu’ils racontaient de leur pays. Deux ans plus tard, je suis venue passer un week-end à Bruxelles pour revoir ces gens qui étaient devenu des amis. Je me suis sentie chez moi, comme si j’avais toujours attendu cette ville. Je n’en suis jamais repartie.
Que représente le « pintading » pour vous?
Le fait d’être une femme qui investit sa ville, qui la vit à fond, qui la connaît comme sa poche et qui en explore toutes les ressources. Aussi, une femme qui apporte à son environnement ce qu’elle espère y trouver. C’est la vie de tous les jours, pleine d’émotions, de ces gestes qu’on fait sans y penser, de ces petites exaspérations, de cette douceur qu’on ne sent que confusément, de ces grandes surprises qu’on n’attend plus.
Outre ces petits riens qui font la cerise sur le gâteau, quels sont les sujets qui vous passionnent?
J’aime les histoires, toutes les histoires.
L’interaction entre les gens est un sujet d’étonnement et d’admiration permanent pour moi. Parfois, il y a un souffle de désespérance, immédiatement balayé par un optimisme fondamental. J’aime voir les liens se tisser, comprendre – essayer de comprendre – comment fonctionnent ces milliards de petites choses qui font tourner le monde. Les Pintades, c’est un peu ça : décrypter comment tout cela marche, ces mélanges, ces bonheurs, ces incohérences qui accouchent d’une société. Et j’adore la mode, aussi. C’est le premier mode d’expression.
Auriez-vous une anecdote sur la rédaction du livre à nous livrer?
Pour vérifier une rumeur selon laquelle les magasins Delhaize (que j’adore, on trouve tout au Delhaize !) sont également un lieu de drague, je me suis retrouvée avec une copine, un samedi soir à 19h, à arpenter les rayons avec un panier uniquement chargé d’une barquette de surgelés. Elle a rempli le sien avec des capotes et de la saucisse. Ça manquait un peu de subtilité et ça n’a rien donné, mais on a bien rigolé.
Une It-adresse de Bruxelles? Un lieu favori?
Ça fait 14 ans que je vis à Bruxelles, et à chaque fois que je vais sur la Grand Place, j’ai l’impression d’être une touriste qui met ici les pieds pour la première fois. C’est l’une des plus belles places du monde. En tout cas la plus belle pour moi. Désigner une it-adresse est difficile, c’est leur variété qui fait la richesse de cette ville. Disons que le quartier Dansaert, avec la rue Léon Lepage, la rue Dansaert et la rue des Chartreux est un lieu de fashion perdition.
Si vous étiez une recette à base de pintade, laquelle seriez-vous?
Des ballekes de Pintades, évidemment ! (boulettes de viande sauce tomate, avec des frites qui baignent dedans)
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