the scent of departure whosnext

Fermez les yeux, imaginez votre dernier voyage… Ce parfum de fleurs blanches qui flotte autour de vous, ou cette odeur de soleil qui écrase tout… Vous sentez comme une carte postale lointaine? Le fantasque Gerald Ghislain récidive après Histoires de Parfum en compagnie de la designer Magali Senequier en créant The Scent of Departure, carnet de voyage olfactif inventé au cours d’un vol long-courrier. Plus que tous les autres sens, l’odorat est celui qui, en une effluve, redonne vie à un instant de vie. Proust se serait-il contenté d’une madeleine, s’il avait pu mettre le parfum de ses souvenirs en bouteille ?

Mettre le monde entre les mains d’un parfumeur globe-trotteur est un embarquement immédiat pour un dépaysement odorant. Gérald Ghislain a ainsi peint le portrait d’une vingtaine de villes, en puisant dans ses souvenirs, modelant les effluves les plus délicieuses (on ne saurait trop le remercier d’avoir omis l’eau de « métro en plein été ») pour créer ces petites madeleines de voyages.

Avec une esthétique inspirée des étiquettes de routage des bagages, les parfums sont identifiés par le code IATA de la ville ou de son aéroport-phare. Ainsi, Paris devient CDG, Seoul ICN, Londres LHR… L’Europe garde le vert des étiquettes, tandis que l’Amérique se pare de bleu, l’Asie de fuschia et les pays du Moyen-Orient, de jaune.

Quant aux jus, leurs descriptions peignent une carte postale sur le mode « Dis moi ce que tu sens, et je te dirais où tu es ». Résumerait-on mieux Paris par ses notes (Tête: Bergamote, Orange, Citron, Vert de feuilles / Coeur: Muguet, rose, cyclamen, Fleurs d’eau, Fleurs blanches / Fond: Muscs blancs , Poudre de riz, Bois blond) ou par sa description (À l’aube dans le jardin des Tuileries, la douceur de l’air est pleine du parfum envoutant des feurs blanches et des notes acides des feuilles froissées. Dans la douceur d’un premier rayon de soleil, vous marchez sans bruit sous les citronniers en suivant la piste embaumée de la roseraie. Votre regard se pose sur le palais du Louvre scintillant sous le soleil matinal, dans votre dos s’ouvre la perspective des Champs Elysées, toute la magie de Paris.)

Imaginer un instant qu’une de ces descriptions poétiques cache un jus de mauvaise facture serait mal connaître le travail de Gérald Guislain, pour qui la qualité est la première marche vers le succès. Paris m’a enchanté par son envolée de fleurs blanches qui me rappelle les après-midi de printemps, Londres et sa note agrume me rappellent le high tea tandis que Milan la sucrée me rappelle les bella donna milanaise. Et New York? La grosse pomme vibre d’une énergie sans cesse renouvellée. Prochaines destina-tenta-tions? Séoul et son coeur paisible, Bali et ses mystères, ou peut-être encore Doha. Moins cher qu’un billet, même low-cost!

Avant qu’il ne s’envole à nouveau, Gérald Guislain nous a glissé quelques feuillets de ses bonnes adresses.

Gérald Ghislain, où vivez-vous?

Je vis à Paris, mais comme je voyage dans le monde entier, je me sens chez moi partout dans le monde … En ce moment par exemple, je suis à New York pour le lancement de The Scent of Departure chez Henri Bendel… Comme à mon habitude, j’habite dans un petit loft dans le Queens, plongé dans l’ambiance de ce quartier sud-américain. Mes amis new yorkais trouvent ça complètement fou… Mais pour moi c’est une manière d’entrevoir la grosse pomme sous un angle différent, de saisir l’incroyable diversité de cette métropole moderne…

Votre ville préférée ?

En dépit de mon accent et de mon flot toulousain, je me sens complétement parisien… Mais comme tous les globe-trotters, je me suis amourachée pour bien d’autres villes…

Je suis par exemple séduit par l’esprit bohème de Williamsburg, aux abords de Brooklyn. Sinon, n’importe quelle ville de Bretagne ferait l’affaire, dès lors que s’y trouve un centre de Thalassothérapie, prétexte idéal pour passer la semaine en peignoir.

Paris

Meilleure table : La tour Montlhéry dans les Halles… Surtout la nuit, si l’on a un petit creux et qu’on est à la recherche d’assiettes un peu canailles.

La tenue idéale: Un smoking en toute occasion et sans cravate, ou un nœud papillon détaché.

Une attraction touristique: Je ne me lasserais jamais de la Grande Roue et de cette vue cavalière qu’elle nous offre sur Paris … Surtout quand la ville est couverte de neige.

Pour le shopping: Arty Dandy, au creuset des tendances.

Bar préféré: Le Georges, une après-midi de printemps.

Hôtel préféré: L’Hôtel Costes

Une adresse beauté: Nopeg, pour ses soins au lait d’ânesse.

Un lieu encore confidentiel à visiter absolument: Derrière toutes les portes cochères de Paris se trouvent des merveilles …

De Paris, il faut absolument rapporter: Des macarons de chez Ladurée … D’ailleurs pour les voyageurs pressés, il est toujours possible d’acheter une réglette de vos parfums préférés dans leur boutique de l’aéroport de Charles de Gaulle.

Milan

Meilleure table : Sans aucune hésitation, Ratanà … L’équipe aux fourneaux est composée de vrais trublions du goût qui renouvellent notre palais…

La tenue idéale: Pour Milan, mon smoking doit refléter l’audace et la folie de sa Fashion Week. Je draperais donc mon smoking blanc, de quelques touches fluo.

Une attraction touristique: Prada et Gucci à Duomo

Pour le shopping: Rossana Orlandi

Bar préféré: N’importe lequel pourvu qu’on y serve un apéritif milanais !

Hotel préféré: Corso Como et son unique chambre

Une adresse beauté: Je crois que le soleil milanais me suffit…

Un lieu encore confidentiel à visiter absolument: Tous ces lieux éphémères, porteurs de l’air du temps, et qui secouent la ville durant la semaine du design.

De Milan, il faut absolument rapporter: Une paire de chaussettes Etro (un peu fluo pour aller avec mon smoking)

New York

Meilleure table : Food Court au Plaza. Quel que soit votre lubie ou envie gustative du moment, vous le trouverez ici. Attention à l’addition…

La tenue idéale: Toujours un smoking… Mais optons pour un smoking en maille, pour un effet déstructuré.

Une attraction touristique: Central Park en calèche.

Pour le shopping: La boutique du Moma.

Bar préféré: L’Apotheke, où l’on ne rigole pas avec les cocktails… Servis dans des coupes en cristal, chaque breuvage est un précipité de chimie et de savoir-faire…

Hôtel préféré: Le Yotel. Les chambres y sont petites, mais fonctionnelles. La consigne bagage est à voir absolument …

Une adresse beauté: Martial, le barber shop

Un lieu encore confidentiel à visiter absolument: Les nouveaux quartiers, au-delà de Delancey

De New-York, il faut absolument rapporter: Les bonbons Altoïds à la Cinnamon

Londres

Meilleure table : Sans aucune hésitation, le Michelin Building

La tenue idéale: Un smoking Prince de Galles

Une attraction touristique: Le Michelin building … encore.

Pour le shopping: J’aime flâner chez Dover Street

Bar préféré: Un pub anglais, avec un max de fleur au printemps.

Hotel préféré: Le Blakes Hotel … Pour son charme désuet.

Une adresse beauté: Wonda Fish… Pour se faire chatouiller la plante des pieds par des petits poisons.

Un lieu encore confidentiel à visiter absolument: The Wapping Project … Une ancienne centrale hydraulique, métamorphosée en galerie d’art contemporain et restaurant !

De Londres, il faut absolument rapporter: Les bijoux de la couronne… (et une médaille d’or? nldr.)

19 escapades sont disponibles dans la ligne The Scent of Departure et ne coutera que la modique somme de 40€ le flacon de 50mL, chez Arty Dandy à Paris et Harvey Nichols à Londres (juste à temps pour les jeux), mais également directement sur The Scent of Departure.

http://www.thescentofdeparture.com/