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Une ère s’achève, une autre commence.

Le lundi 2 Juillet 2012 était placé sous le signe du changement. Sans rien avoir encore vu, on pouvait sentir une idée de renouveau quasi impalpable, comme une rumeur que personne cependant n’aurait osé démentir : après une couture si somptueuse, après les robes « grand soir » dont le faste rivalisait avec celles du XVII ème siècle, après les frasques d’un créateur dont l’exubérance n’avait d’égal que son génie, et alors que le remplaçant de ce dernier peinait à rivaliser de virtuosité, Dior renaît. Enfin. Bernard Arnaud revêt pour l’occasion son plus beau sourire, celui de l’homme qui vient de réaliser l’affaire en OR. Raf Simons, dont l’esthétisme épuré a su séduire tant par son incroyable vision minimaliste de la mode contemporaine que par son coeur; celui dont on dit à son départ de la maison Jil Sander que « l’élève a dépassé le maître », reprend les reines de la maison Dior, avec, pour défi, de réaliser une collection couture en seulement quelques semaines. L’événement est évidemment le plus attendu de la saison, si ce n’est de l’année.

En témoigne la liste interminable des plus grands journalistes, photographes, créateurs et autres stars du monde entier, se bousculant à l’entrée, venus témoigner de l’avènement du nouveau roi. Ils sont tous là : Anna Wintour, bien sur, mais aussi Alber Elbaz, Marc Jacobs, Riccardo Tisci ou encore Dianne Von Furtenberg…. On entre. Un hôtel particulier parisien, a vu les murs de quatre des ses salons entièrement tapissés de fleurs !(plus d’un million murmure-t-on). Les yeux écarquillés de la rédactrice en chef du Vogue américain à la vue du décor viennent rajouter à la superbe de la scène. On s’assoit, certains applaudissent d’ores et déjà, alors que le défilé n’a pas encore eu lieu, d’autres n’ont d’yeux que pour la salle…. Le défilé commence.

Raf Simons nous dévoile enfin l’essence même de ce qu’il sait faire le mieux. A peine apparues, les silhouettes semblent tirer définitivement un trait sur « l’ère Galliano ».

Les premiers smoking noir, taille marquée par une boutonnière croisée, les manteaux en cachemire, ceinturés à la taille, reprenant la coupe du mythique « tailleur Bar », les petites chaussures à bout pointu, les cheveux simplement tirés en arrière semblent nous rappeler l’aphorisme qui pourrait définir toute cette collection merveilleuse: « Le comble du chic c’est de ne pas en avoir l’air ». La rudesse de la coupe laisse entrevoir cependant une féminité affirmée en dévoilant poignets, chevilles et cuisses fines sous les robes coupées « genoux ». La tenue est réveillée par un simple trait d’eye-liner fluo. La couleur fait son entrée comme un flash avec un sublime manteau « Bar » ceinturé d’or et arborant, comme un drapeau, le fameux rouge Dior. « L’Hyper hommage » du créateur belge ne s’arrête pas là et ce dernier présente à une assistance déjà conquise une série de broderies fleuries, de robes tulipes, de vestes à basque ou encore de robes en satin duchesse. Chaque passage dévoile une nouvelle vision de l’illustre maison dont l’austérité rime avec fragilité. Comme ces longues robes fendues qui laissent entrevoir un long pantalon cigarette noir pour moderniser la silhouette ou encore cette magnifique robe blanche en organza brodé, tout droit sortie de la collection de 1947 de Monsieur Dior. Le défilé se termine avec une série de robe bi-face entièrement brodées qui sont la représentation même de la rencontre entre Raf Simons et Monsieur Christian Dior.

Applaudie, acclamée, ovationnée, la collection, pouvant paraître un peu austère pour certain, n’en est pas moins la énième preuve de la poésie et de l’immense talent du créateur visionnaire belge Raf Simons dont le nom est fait pour rester dans les mémoires.

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Photo credit: Yannis Vlamos / GoRunway.com pour Style.com