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Il y a vingt quatre ans, François Pasquier organisa un dîner entre amis. Quelque chose de simple, mais de fil en aiguille, une centaine d’invités qui se sont retrouvés dans le Bois de Boulogne. Blanc immaculé en guise de code vestimentaire, pour se retrouver plus facilement entre les frondaisons. Et puis le blanc, c’est chic. Très naturellement, le nom est imposé: le Dîner en Blanc, et quand le Bois est devenu un peu petit (et trop oh-lalala), Pasquier s’est donné comme défi d’organiser le dîner dans des lieux exceptionnels de Paris. Le Louvre, Notre-Dame, la place de la Concorde, en deux décennies ce sont les plus beaux lieux de la capitale qui ont été investis par cette société élégante et bienséante. Le lieu reste secret jusqu’à la dernière minute, conservant entier tout le mystère de l’année. Une prochaine édition à l’Elysée? Qui sait… pourquoi pas?

Dans certains cercles, tout le monde connaît le Dîner et une grande partie du début d’année consiste à se procurer le précieux sésame que représente une invitation à l’une des tables. Emules et éditions internationales se multiplient. Après tout, comment réunit-on une dizaine de milliers de convives sans aucun débordement et surtout sans dégradations. Mystère parisien. Depuis sa création, le Dîner est un éloge de l’élégance et du savoir-vivre, et tout manquement aux règles est sanctionné par une exclusion.

Pour ma première invitation officielle, j’ai eu la chance de porter une superbe création de Laurence Bossion, un cœur de papier composé d’une palette de matières, de la dentelle jusqu’au Tyvek. Mais le plus dur a été de déterminre la tenue. Bustier Lie Sang Bong ou H&M Conscious? Sandales plates ou talons hauts? Collants? Jambes nues? Quant à K, un nœud papillon Charvet a été la touche finale de sa tenue.

Le 14 juin, pas même les nuages auront osé braver le dress code. Une table de bridge, deux chaises et notre panier repas sous le bras, nous avons pris le chemin du point de rendez-vous. Une fois dans le car, notre hôtesse nous a donné les dernières consignes, et tandis que nous roulions dans les rues de Paris, Twitter était déjà aux prises avec les premières images de la première « tablée », Place des Vosges. Rive gauche, il était clair que notre destination était autre. En moins de dix minutes, nous avions investi le parvis de Notre-Dame et déployé tables et nappes blanches. Les premiers bouchons de champagne sautaient déjà et le Dîner pouvait officiellement commenter.

Beaucoup d’explications sont avancées pour expliquer pourquoi le Dîner en Blanc n’a pas été , du laxisme supposé des forces de police, jusqu’à des rumeurs de participations du Préfet à la manifestation. Mais l’explication la plus vraisemblable est qu’étant donné la bonne tenue des convives et leur souci de ne laisser derrière eux qu’un souvenir d’élégance, personne n’y trouve à redire.

Vers 23h, les bougies scintillantes s’allument et transforment le parvis dans une mer scintillante de blanc et d’étincelles. La toute jeune entreprise L’Atelier de l’Eclair en profite pour glisser des échantillons de leurs nouveaux éclairs… nous y reviendrons, ils étaient délicieux!

Au douzième coup de minuit, Notre-Dame a retrouvé sa quiétude tandis que des milliers de Cendrillon un peu moins immaculées prenaient le chemin de leurs demeures, des étincelles plein les yeux (et un sac poubelle à la main).

Un grand merci à l’organisatrice qui m’a invitée à sa table du Dîner en Blanc.