Eric Tibusch A/H 2010-2011
Une petite salle intimiste qui semblait ne pas se prêter à un défilé, dans un club parisien, le défilé Eric Tibusch faisait tout de même salle comble pour cette seconde journée de la couture. Coincé entre Lefranc Ferrant et Stéphane Rolland, c’était un créneau difficile, desservi par une circulation infernale.
Contes et mythes sont son inspiration de la saison et chacune des femmes qui se présente à nous est l’essence d’une légende, presque LA femme. Contrastes dans les matières entre l’ultra-fluide des soies, la main tactile des fourrures et la rigidité des peaux à peines travaillées, contrastes dans les thèmes, passant d’une héroïne romantique à une créature fière et capable. Beauté de ces épaules, tombés impeccables, le corps est sublimé à chaque pas.




Chaque silhouette -pour plus d’une trentaine au total- est un tableau complet en soi. Des reptiles presque bruts, aux soies les plus fines, en passant par cette toile peinte, toutes les matières sont explorées avec une maîtrise évidente. La musique, obsédante et comme le prélude musical à un mystère, rythme les pas et donne à certains l’envie de se déhancher, tandis que la voix scande Tibusch, Tibusch. Mélange osé mais aux trop nombreux ingrédients, la collection automne-hiver d’Eric Tibusch perd quelque chose dans le dédale d’inspiration au fond duquel nous attend cette Minotaure cornue et multiforme. Mélusine, Morgane la fée, Athena, la Mort, elle est toute et aucune à la fois.
Bien que la chanteuse, apparue comme par enchantement au final, nous ait enjoint de rester, profiter de la fête, beaucoup d’entre nous ont été obligés de détaler comme des lapins pour reprendre notre course à la couture.
Eric Tibusch, un large sourire mérité après cette présentation, nous montre qu’il a autant d’imagination que de talent. J’ai aimé beaucoup de ses silhouettes mais l’avalanche visuelle était trop concentrée et c’est sur cette impression de saturation des sens que je suis restée une fois le rideau tombé sur la Légende.


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English version coming soon.
Eric Tibusch’s presentation was a heady mix of legends, as the theme suggested.
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