
Après les volumes expressifs de la saison dernière, Yohji Yamamoto nous a embarqués pour un voyage vers une collection qui semblait rendre hommage à l’une des pièces-phare de tout vestiaire hivernal: le manteau. Non seulement son incarnation classique, mais également toutes ses formes, de la couverture, à la queue-de-pie, en passant par les cabans aux accents militaires. Son homme se retrouve à la croisée des chemins, ou devrais-je dire à la croisée des époques? S’il fallait raconter l’histoire de cette collection, j’aurais porté mon choix vers le Far West autour de la Guerre de Cessession et ses arpenteurs solitaires, ses militaires américains et sa “bonne société” copiant des codes européens surannés. Nul doute que Yamamoto aime les saisons froides, car ses manteaux sont travaillés comme jamais: broderies décoratives (sans doute des Y mais je n’arrivais pas à distinguer clairement), rangées de boutons en doublons avec boutons couverts et boutons en métal, doubles cols, bordures et manches en pagailles. On en oublierait presque les vêtements qu’ils recouvrent. Une fois de plus, la magie évocatrice de Yohji Yamamoto a fait son oeuvre, et il a pu murmurer dans chaque imaginaire présent une histoire, à la fois commune et tissée des fils épars de la culture de chacun.






Photos: Kay-Paris Fernandes for Mademoiselle à Paris
Avenue Montaigne, dans son showroom prive, se tenait la présentation de la collection automne-hiver 2012 Franck Boclet. Et après un café tant désiré dans ce froid hivernale, la présentation pouvait commencer, mais attention, par Monsieur Boclet en personne ! Pour l’hiver prochain, Franck Boclet a imaginer un baroudeur du XXI eme sciecle dont le luxe, parfois caché, ne manque a de personnalité. Les vestes et les manteau sont doublés de lapin qui dépasse légèrement sur l’encolure quand ils ne sont pas reversible, leurs donnant ainsi un coté plus urbain.

L’homme Franck Boclet n’a cependant pas peur d’affirmer son élégance, en composant sa silhouette d’une veste double boutonnage au tombé parfait sur un pantalon sarouel en coton ou en laine bouillie. Pour ajouter un coté rock, le col et les coudes des vestes sont brodés d’argent et un long châle “jeté” autour du cou rajoute à l’élégance négligée. Une frange métallique dissimulée dans le cols des vestes permet de les moduler a notre humeur et créer un volume et une expression propre. L’homme Franck Boclet se distingue donc par une élégante nonchalance et une forte personnalité.


Photos: Octave

Le Danois avant-gardiste Henrik Vibskov est un habitué des mises en scène, et les planches en équilibre entourant des tambours avaient de quoi impressionner, surtout étant donné l’heure tardive du défilé. A pas rendus incertains par les planches instables, les mannequins ont pris le podium d’un pas lent et lugubre, au son (trop?) étouffé des tambours. Bien qu’il soit quasiment culte dans certains cercles et souvent créateur de pièces étranges, Vibskov s’est offert le luxe de rester dans ce qu’il connaît le mieux: les grosses mailles chinées, les shorts-sarouels et blazers agréablement coupés. Peut-être pas une réinvention mais certainement une collection solide et pleine de petites touches Vibskoviennes qui ont su ravir les fans sans rebuter les novices.






Photos: Kay-Paris Fernandes pour Mademoiselle à Paris
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